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        <title>Yannick Fer - eglises_d_oceanie</title>
        <description>Sociologie, anthropologie des Ã©glises de PolynÃ©sie. Les protestants Ã©vangÃ©liques, les pentecÃ´tistes... et tous les autres</description>
        <link>http://yannickfer.hautetfort.com/eglises_d_oceanie/</link>
        <lastBuildDate>Tue, 18 Nov 2008 10:19:46 +0100</lastBuildDate>
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        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
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                <title>Bloggeurs et tÃ©moins de JÃ©hovah aux Ã®les Australes</title>
                <link>http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2008/10/26/temoins-de-jehovah-aux-iles-australes.html</link>
                <author>noreply@ (Yann)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 26 Oct 2008 14:50:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/00/939640521.jpg&quot; id=&quot;media-1352239&quot; alt=&quot;loveblogging.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1352239&quot; /&gt;Pour rester en contact avec leur famille, envoyer des nouvelles Ã  leur Ã©glise dâ€™origine ou aux donateurs qui les soutiennent financiÃ¨rement ou simplement tenir un journal de leurs activitÃ©s, les missionnaires se mettent eux aussi au &lt;span style=&quot;color: #2e6042;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;blogging.&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur son site Internet, le rÃ©seau missionnaire (Ã©vangÃ©lique charismatique) &lt;i&gt;Youth With a Mission&lt;/i&gt;, prÃ©sent dans plus de 170 pays, a mÃªme mis en place une plateforme de blogs, baptisÃ©e YWAM Connect, qui permet dâ€™accÃ©der aux pages personnelles de ses &quot;Ã©quipiers&quot;. GÃ©nÃ©ralement destinÃ©s Ã  un cercle relativement restreint, ces blogs nâ€™en sont pas moins accessibles Ã  tous les internautes et naviguent du mÃªme coup Ã  la frontiÃ¨re incertaine entre vie privÃ©e et information publique. Ce qui en fait une source dâ€™informations particuliÃ¨rement intÃ©ressante pour les chercheurs, en leur donnant parfois accÃ¨s Ã  ce que les anthropologues appellent &quot;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;b&gt;les secrets de la tribu&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un exemple : en 2006 et 2007, plusieurs notes publiÃ©es sur le blog dâ€™un couple missionnaire des assemblÃ©es de Dieu amÃ©ricaines en poste Ã  Tahiti exposaient les vives dissensions qui agitaient alors les dirigeants des &lt;b&gt;&lt;i&gt;assemblÃ©es de Dieu polynÃ©siennes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, divisÃ©s notamment sur le rÃ´le respectif des missionnaires Ã©trangers et des pasteurs locaux. Des enjeux dâ€™autoritÃ© et de lÃ©gitimitÃ©, pour reprendre les termes du sociologue Max Weber, qui restent souvent confinÃ©s aux rÃ©unions internes. En aoÃ»t 2007, le couple a quittÃ© Tahiti pour le Vanuatu, en ayant pris soin auparavant dâ€™effacer les notes en question...&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/00/1678780872.jpg&quot; id=&quot;media-1352221&quot; alt=&quot;tÃ©moins haapiti.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1352221&quot; /&gt;Toujours en PolynÃ©sie, dâ€™autres blogs permettent de suivre depuis quelques mois les tentatives missionnaires des &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;i&gt;t&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ã©moins de JÃ©hovah dans lâ€™archipel des Australes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, au Sud de Tahiti. Les premiers tÃ©moins de JÃ©hovah, deux couples amÃ©ricains venus de Los Angeles, sont arrivÃ©s Ã  Tahiti en 1958 et une congrÃ©gation sâ€™est constituÃ©e en 1959 Ã  Papeete. Le renfort de &quot;pionniers spÃ©ciaux&quot; venus de France a contribuÃ© Ã  partir des annÃ©es 1960 Ã  lâ€™expansion progressive de ce mouvement : au recensement de 1962, 132 personnes se dÃ©claraient tÃ©moins de JÃ©hovah Ã  Tahiti, 20 personnes Ã  Raiatea (Ã®les Sous-le-Vent). Ils Ã©taient 464 en 1971. Au cours des annÃ©es 1980, lâ€™Ã©glise a connu une progression rapide et spectaculaire. Elle reprÃ©sente aujourdâ€™hui autour de 2% de la population polynÃ©sienne, soit environ 5200 membres. On la trouve surtout Ã  Tahiti, dans plusieurs Ã®les de la SociÃ©tÃ© ainsi quâ€™aux Ã®les Australes, en particulier Ã  &lt;span style=&quot;color: #003800;&quot;&gt;&lt;b&gt;Rurutu&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;, dans le village dâ€™Avera.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/01/00/1545410122.jpg&quot; id=&quot;media-1352225&quot; alt=&quot;rurutu.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1352225&quot; /&gt;Câ€™est dans cette Ã®le de 2300 habitants que vivent les bloggeurs : &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://un-regard-sur-rurutu.over-blog.com/&quot;&gt;une famille alsacienne&lt;/a&gt; arrivÃ©e en dÃ©cembre 2007 pour prÃªter main forte Ã  lâ€™Ã©glise locale et une femme polynÃ©sienne, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://mauivaitu.over-blog.com&quot;&gt;Mauivaitu&lt;/a&gt;. Pourquoi ont-ils crÃ©Ã© des blogs? Pour les missionnaires alsaciens, il sâ€™agit essentiellement dâ€™envoyer photos, vidÃ©os et nouvelles Ã  leur Ã©glise. Dans sa note de lancement, Mauivaitu explique quant Ã  elle que son but est de &quot;&lt;i&gt;pouvoir communiquer d'avantage avec [sa] petite soeur qui vit maintenant Ã  18000 km et qui [lui] manque terriblement. Et, dans un deuxiÃ¨me temps, avoir des contacts avec [ses] frÃ¨res et soeurs spirituels du monde entier&quot;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Entre des photos des enfants et des vidÃ©os de balade autour de lâ€™Ã®le, on visite la nouvelle &quot;salle du royaume&quot; construite sur les hauteurs du village, qui comprend aussi un studio abritant la famille alsacienne. Le voisin, qui prÃªte sa machine Ã  laver, est un tÃ©moin de JÃ©hovah, ce qui laisse supposer quâ€™il est celui qui a fait don du terrain. Les membres de lâ€™Ã©glise se rÃ©unissaient jusque-lÃ  dans une petite maison, dans une des rues du village. On peut Ã©galement se faire une idÃ©e de leur nombre. Faute de statistiques officielles, il est souvent difficile dâ€™Ã©valuer prÃ©cisÃ©ment le nombre de membres rÃ©guliers de ces Ã©glises minoritaires. Une photo, prise en septembre 2008, montre environ 60 adultes, majoritairement des femmes, soit 2,6% de la population totale de lâ€™Ã®le, un peu plus â€“ entre 4 et 5% - si on y ajoute les enfants. Rurutu est un des bastions du protestantisme historique (lâ€™Ã©glise protestante maâ€™ohi), trÃ¨s nettement majoritaire, mais compte aussi de petites communautÃ©s adventiste, catholique et mormone.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais le document le plus intÃ©ressant est incontestablement une note trÃ¨s dÃ©taillÃ©e publiÃ©e en janvier 2008 par Mauivaitu et intitulÃ©e &quot;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://mauivaitu.over-blog.com/article-15593365.html&quot;&gt;&lt;b&gt;PrÃ©dication Ã  Rimatara&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&quot;. &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/01/01/248872548.jpg&quot; id=&quot;media-1352230&quot; alt=&quot;Rimatara.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1352230&quot; /&gt;Rimatara est une petite Ã®le (8,6 km2) du mÃªme archipel, oÃ¹ vivent un millier de personnes. LÃ  aussi, câ€™est le protestantisme qui domine, mais le compte rendu que fait Mauivaitu de ses cinq jours de campagne missionnaire sur lâ€™Ã®le, du 31 dÃ©cembre au 4 janvier, mentionne aussi plusieurs Adventistes. Accessible uniquement par bateau jusquâ€™en 2007, lâ€™Ã®le est dÃ©sormais reliÃ©e Ã  Rurutu et Tahiti par les avions dâ€™Air Tahiti, grÃ¢ce Ã  lâ€™ouverture rÃ©cente dâ€™un aÃ©roport. Des Ã©lÃ¨ves de Rimatara sont en outre internes au collÃ¨ge de Rurutu. Les tÃ©moins de JÃ©hovah en croisent donc quelques-uns quâ€™ils ont dÃ©jÃ  eu lâ€™occasion dâ€™approcher Ã  Rurutu, de retour sur leur Ã®le pour les vacances de fin dâ€™annÃ©e. Leur mÃ©thode consiste essentiellement Ã  faire du porte-Ã -porte en distribuant des brochures. Mais dâ€™autres Ã©lÃ©ments dâ€™information permettent de complÃ©ter cet aspect le plus connu de leurs activitÃ©s missionnaires et de mieux cerner lâ€™Ã©tape prÃ©alable Ã  une implantation officielle&amp;nbsp; celle oÃ¹ lâ€™Ã©glise progresse Ã  bas bruit, de maison en maison, dâ€™une famille Ã  lâ€™autre. De cette note, on peut ainsi retenir &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #003800;&quot;&gt;quatre principaux enseignements&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;:&lt;br /&gt; - &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Une organisation hiÃ©rarchisÃ©e&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;. Les tÃ©moins de JÃ©hovah de Rurutu sont rejoints dans lâ€™avion par le &quot;surveillant de circonscription&quot;, venu de Tahiti.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- &lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;b&gt;Le jeu des relations personnelles&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;. Les tÃ©moins de JÃ©hovah ne plantent pas un chapiteau sur la place du village mais empruntent plutÃ´t, de faÃ§on plus discrÃ¨te, des rÃ©seaux de relations, en retrouvant des personnes avec lesquelles elles ont Ã©tabli un contact et en Ã©largissant leur cercle dâ€™influence Ã  la famille et aux amis. Les migrations inter-Ã®les jouent ici un rÃ´le essentiel, en particulier ceux qui se sont convertis lors dâ€™un sÃ©jour hors de lâ€™Ã®le et y introduisent ensuite leurs nouvelles croyances.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;Des &quot;visites tÃ©lÃ©phoniques&quot;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;. Un week-end passÃ© sur lâ€™Ã®le en septembre et des contacts pris Ã  Rurutu ont abouti Ã  la mise en place de &quot;visites tÃ©lÃ©phoniques&quot;, des conversations et des sÃ©ances dâ€™Ã©tude par tÃ©lÃ©phone. Câ€™est ainsi que Mauivaitu rencontre Ã  plusieurs reprises des personnes quâ€™elles nâ€™a encore jamais vues, mais avec qui elle sâ€™entretient rÃ©guliÃ¨rement par tÃ©lÃ©phone, comme cette commerÃ§ante: &quot;Nous passons dans la boutique pour faire des achats et je rÃ©alise que la mamie qui la tient est aussi une de mes visites tÃ©lÃ©phoniques&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- &lt;span style=&quot;color: #993300;&quot;&gt;&lt;b&gt;&quot;Etudier la Bible&quot;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;. ClassÃ©s parmi les mouvements sectaires par un rapport parlementaire franÃ§ais de 1996, les tÃ©moins de JÃ©hovah &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/01/1570004552.jpg&quot; id=&quot;media-1352233&quot; alt=&quot;tourdegarde.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1352233&quot; /&gt;sont plutÃ´t considÃ©rÃ©s en PolynÃ©sie franÃ§aise comme une des expressions du christianisme. Si beaucoup de PolynÃ©siens dÃ©noncent leur prosÃ©lytisme intensif et le dogmatisme dont ils font preuve lors des discussions de porte-Ã -porte, ils sont aussi nombreux, tout en appartenant Ã  dâ€™autres Ã©glises, Ã  accepter dâ€™&quot;Ã©tudier la Bible&quot; dans le cadre des leÃ§ons Ã  domicile proposÃ©es par les tÃ©moins de JÃ©hovah. Lâ€™envie dâ€™en savoir plus, dâ€™approfondir ses connaissances sur la Bible leur ouvre ainsi la porte des maisons polynÃ©siennes, mÃªme si ces leÃ§ons particuliÃ¨res dÃ©bouchent assez rarement sur des conversions.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le lundi, lâ€™Ã©quipe de Rurutu rencontre par exemple une femme adventiste mariÃ©e Ã  un protestant. La forte progression des couples mixtes (du point de vue religieux) en PolynÃ©sie franÃ§aise produit de plus en plus souvent des interrogations sur la &quot;vraie religion&quot;. Ã‡a tombe bien, les tÃ©moins de JÃ©hovah ont apportÃ© dans leur cartable la leÃ§on 13, &quot;Comment reconnaÃ®tre la vraie religion&quot; et prennent rendez-vous le jeudi suivant pour une sÃ©ance dâ€™Ã©tude ! Des sÃ©ances apparemment intensives, qui peuvent durer jusquâ€™Ã  deux heures, si lâ€™on en croit le compte rendu. La mise en place de ces rendez-vous est dâ€™ailleurs le principal objectif des tournÃ©es de porte-Ã -porte.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/01/01/200840320.jpg&quot; id=&quot;media-1352240&quot; alt=&quot;blogosphere.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1352240&quot; /&gt;VoilÃ , il ne reste plus quâ€™Ã  Ã©plucher les milliers dâ€™autres blogs du mÃªme style qui, partout dans le monde, remplacent progressivement les lettres missionnaires. Que les historiens se mÃ©fient: les informations publiÃ©es sur ces blogs sont bien plus volatiles que les recueils de lettres sur lesquels ils ont lâ€™habitude de sâ€™appuyer et peuvent Ã  tout moment disparaÃ®tre sans laisser de traces.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #333300;&quot;&gt;Photos : salle du royaume Ã  Moorea (Malogne-Fer) et vue aÃ©rienne de Rimatara (Tahiti Pacifique).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
                </description>
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                <guid isPermaLink="true">http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2007/08/20/pentecotisme-en-polynesie-francaise.html</guid>
                <title>Le pentecÃ´tisme en PolynÃ©sie franÃ§aise: quels enjeux pour l'Ã©glise protestante ma'ohi ? (entretien)</title>
                <link>http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2007/08/20/pentecotisme-en-polynesie-francaise.html</link>
                <author>noreply@ (Yann)</author>
                                                <category>Ã‰glises d'OcÃ©anie</category>
                                                <pubDate>Fri, 07 Sep 2007 20:25:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;En avril 2006, Daniel Margueron, directeur du lycÃ©e protestant de Tahiti et par ailleurs &lt;a href=&quot;http://www.itereva.pf/disciplines/lettres/archi/salon06.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;spÃ©cialiste de littÃ©rature polynÃ©sienne&lt;/a&gt;, m'avait soumis quelques questions, pour un entretien Ã  paraÃ®tre dans le &lt;b&gt;&lt;i&gt;Ve'a Porotetani&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, le journal de l'Ã©glise protestante historique de PolynÃ©sie franÃ§aise, l'Ã©glise protestante maohi. Les numÃ©ros du &lt;i&gt;Ve'a,&lt;/i&gt; qui sortaient Ã  l'origine tous les mois, ont adoptÃ© depuis quelques annÃ©es un rythme de publication Ã©pisodique et irrÃ©gulier, selon la formule consacrÃ©e. Et cet entretien n'a pour l'instant pas Ã©tÃ© publiÃ©. Il le sera peut-Ãªtre un jour, en attendant en voici le texte.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;(Un problÃ¨me technique a rendu certains passages de la prÃ©cÃ©dente version de ce texte incomprÃ©hensibles. L'erreur a Ã©tÃ© corrigÃ©e, dÃ©solÃ© pour ceux qui sont passÃ©s avant la correction...)&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;Daniel Margueron&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;. &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Quâ€™est-ce que le pentecÃ´tisme, comment dÃ©finir le pentecÃ´tisme par rapport au protestantisme?&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;Yannick Fer&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Le pentecÃ´tisme, ou Â«mouvement de PentecÃ´teÂ», est apparu au tout dÃ©but du XXe siÃ¨cle dans les Ã‰tats du Sud des &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/00/02/74a355f1c76e1de4bf735df4095e16db.jpg&quot; id=&quot;media-505569&quot; alt=&quot;8f04f51d11385da9223cedf46402e2a4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-505569&quot; height=&quot;132&quot; width=&quot;182&quot; /&gt;Etats-Unis et la premiÃ¨re grande Ã©glise a ouvert en 1906 rue Azusa Ã  Los Angeles, sous lâ€™impulsion du pasteur noir William J. Seymour. Son histoire est liÃ©e Ã  celle du mÃ©thodisme, un RÃ©veil protestant qui a eu lieu en Angleterre au cours des annÃ©es 1730 et a nourri une grande partie de lâ€™enthousiasme missionnaire du XVIIIe siÃ¨cle â€“ notamment dans le Pacifique : lâ€™Ã©glise wesleyenne de Tonga, par exemple, porte le nom du fondateur du mÃ©thodisme, &lt;a href=&quot;http://users.skynet.be/champdemars/WesleyBio/Wesley1.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;John Wesley&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt; AprÃ¨s la guerre de SÃ©cession qui a dÃ©chirÃ© les Etats-Unis de 1861 Ã  1865, de nombreux mÃ©thodistes et quelques baptistes cherchaient une force spirituelle nouvelle et pensaient quâ€™un retour aux sources du protestantisme leur donnerait les moyens de surmonter les&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/02/96a98159d0f7051f70745eda3b24b8eb.jpg&quot; id=&quot;media-535663&quot; alt=&quot;e0917fa1fe5691cfd97a6c2107d7c0f7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; name=&quot;media-535663&quot; height=&quot;155&quot; width=&quot;98&quot; /&gt; bouleversements de lâ€™Ã©poque. Certains dâ€™entre eux ont alors fait une expÃ©rience quâ€™ils ont interprÃ©tÃ©e comme une PentecÃ´te moderne : au cours de jeÃ»nes et priÃ¨res intenses, ils se sont mis Ã  Â«parler en languesÂ», dans un langage incomprÃ©hensible. Câ€™est ce que les pentecÃ´tistes appellent le Â«baptÃªme du Saint-EspritÂ», parce quâ€™ils considÃ¨rent que câ€™est le Saint-Esprit qui, en descendant sur le croyant, lui inspire ces paroles et lui accorde un Â«revÃªtement de puissanceÂ», qui lui permettra de renouveler sa vie personnelle et de participer Ã  la Â«grande missionÂ» dâ€™Ã©vangÃ©lisation.&lt;br /&gt; Le pentecÃ´tisme est donc, historiquement, un mouvement de RÃ©veil protestant, qui se distingue par lâ€™accent quâ€™il met sur lâ€™action du Saint-Esprit ici et maintenant (parlers en langues, mais aussi guÃ©risons, prophÃ©ties). Câ€™est un mouvement protestant Ã©vangÃ©lique, dans le sens oÃ¹ on utilise aujourdâ€™hui le terme Â«Ã©vangÃ©liqueÂ» pour parler des protestants qui insistent particuliÃ¨rement sur la nÃ©cessitÃ© dâ€™une conversion personnelle (la Â«nouvelle naissanceÂ»), une interprÃ©tation Ã©troite de la Bible, le devoir dâ€™Ã©vangÃ©lisation (y compris vis-Ã -vis des protestants qui ne sont pas Â«nÃ©s de nouveauÂ») et le salut offert par JÃ©sus-Christ Ã  la croix.&lt;br /&gt; Depuis maintenant un siÃ¨cle, le pentecÃ´tisme sâ€™est beaucoup diversifiÃ© en mÃªme temps quâ€™il se dÃ©veloppait sur tous les continents. Il y a aujourdâ€™hui des centaines de dÃ©nominations pentecÃ´tistes diffÃ©rentes, la plus importante Ã©tant les AssemblÃ©es de Dieu, qui comptent un peu plus de 32 millions de membres dans le monde (environ 200000 en OcÃ©anie).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;DM&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;. &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Comment sâ€™est implantÃ© le pentecÃ´tisme en PolynÃ©sie, quelles sont les principales Ã©tapes de cette implantation?&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;Yannick Fer&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. En PolynÃ©sie franÃ§aise, le pentecÃ´tisme a dâ€™abord Ã©tÃ© chinois, ou plus prÃ©cisÃ©ment &lt;b&gt;hakka&lt;/b&gt;. Câ€™est un missionnaire chinois-amÃ©ricain, le pasteur Hong Sit, qui a organisÃ© Ã  Tahiti en juillet 1962 les premiÃ¨res rÃ©unions dâ€™Ã©vangÃ©lisation dâ€™inspiration pentecÃ´tiste, frÃ©quentÃ©es par la petite communautÃ© hakka de BÃ©thel (essentiellement des Ã©lÃ¨ves de lâ€™Ã©cole ViÃ©not et leurs familles), puis par de nombreux Hakkas restÃ©s jusque-lÃ  Ã  lâ€™Ã©cart du christianisme, souvent attirÃ©s par lâ€™espoir dâ€™une guÃ©rison miraculeuse. DÃ¨s la premiÃ¨re semaine, 72 personnes se sont fait baptiser par Hong Sit dans une riviÃ¨re de &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/00/59db4256ff862ca400d287cfe91558c5.jpg&quot; id=&quot;media-505630&quot; alt=&quot;ba68fd7e034399517bce1ea4888c19f8.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-505630&quot; height=&quot;136&quot; width=&quot;205&quot; /&gt;Papara, 288 entre juillet 1962 et dÃ©cembre 1963. Ce groupe est Ã  lâ€™origine de la paroisse de Jourdain (dont le nom a Ã©tÃ© choisi en rÃ©fÃ©rence aux baptÃªmes par immersion de 1962 et 1963), puis de lâ€™Ã©glise AllÃ©luia, premiÃ¨re Ã©glise pentecÃ´tiste polynÃ©sienne, nÃ©e en 1967 dâ€™une scission avec lâ€™EEPF.&lt;br /&gt; La seconde pÃ©riode dÃ©bute en 1975 avec le recrutement par les dirigeants dâ€™AllÃ©luia dâ€™un pasteur des assemblÃ©es de Dieu franÃ§aises, Roger Albert, secondÃ© Ã  partir de 1979 par un pasteur de Nouvelle-CalÃ©donie dâ€™origine vietnamienne, &lt;a href=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2006/10/22/louis-levant-de-la-nouvelle-caledonie-a-la-polynesie-francai.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Louis Levant&lt;/a&gt;. En organisant des rÃ©unions dâ€™Ã©vangÃ©lisation Ã  Papeete et Ã  Taravao, ils ont amenÃ© Ã  lâ€™&lt;b&gt;Ã©glise AllÃ©luia&lt;/b&gt; des PolynÃ©siens de toutes origines, jusquâ€™Ã  provoquer en 1982 une rupture avec les dirigeants de lâ€™Ã©glise, qui nâ€™Ã©taient pas prÃªts Ã  renoncer Ã  lâ€™identitÃ© hakka dâ€™AllÃ©luia. Les assemblÃ©es de Dieu, Ã©glise pentecÃ´tiste pluriculturelle, sont issues de cette scission. Elles se sont rapidement dÃ©veloppÃ©es au cours des annÃ©es 1980, ont ouvert des Ã©glises dans les Ã®les Sous-le-Vent, formÃ© des pasteurs locaux et crÃ©Ã© en 1997 radio &lt;i&gt;te vevo o te tiaturiraâ€™a&lt;/i&gt; (RTV), premiÃ¨re radio chrÃ©tienne de PolynÃ©sie franÃ§aise, dont lâ€™audience dÃ©passe largement le seul cercle des membres des assemblÃ©es. Les assemblÃ©es de Dieu amÃ©ricaines ont elles aussi ouvert une Ã©glise Ã  Faaâ€™a, le centre chrÃ©tien de la Bonne Nouvelle inaugurÃ© en 1984. Elle a finalement Ã©tÃ© intÃ©grÃ©e aux assemblÃ©es de Dieu de PolynÃ©sie franÃ§aise en 2000.&lt;br /&gt; Enfin, au cours de la troisiÃ¨me pÃ©riode, depuis 2000, on observe lâ€™arrivÃ©e (ou le passage) de nombreux missionnaires venus du Pacifique ou des Etats-Unis et lâ€™Ã©closion de nouvelles Ã©glises pentecÃ´tistes : Ã©glise du Plein Ã‰vangile, liÃ©e Ã  la &lt;a href=&quot;http://www.kingscathedral.com/index.php&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;i&gt;First Assembly of God&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Maui (Hawaii) ou &lt;i&gt;Calvary Chapel&lt;/i&gt;. Les Ã®les franÃ§aises du Pacifique sont restÃ©es longtemps hors dâ€™atteinte des nombreuses Ã©glises pentecÃ´tistes nord-amÃ©ricaines prÃ©sentes dans les Ã®les anglophones, mais il y aura sans doute Ã  lâ€™avenir, en PolynÃ©sie franÃ§aise comme ailleurs, plusieurs pentecÃ´tismes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;b&gt;DM&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;La prÃ©sence et le dÃ©veloppement du pentecÃ´tisme en PolynÃ©sie interpellent-ils lâ€™Eglise protestante maohi?&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;YF&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles lâ€™Ã©glise protestante maohi peut lÃ©gitimement se sentir interpellÃ©e par le dÃ©veloppement du pentecÃ´tisme. La plus Ã©vidente, câ€™est que &lt;b&gt;la grande majoritÃ© des convertis au pentecÃ´tisme viennent de ses rangs&lt;/b&gt; : depuis maintenant 25 ans, plusieurs centaines de familles pour qui, jusque-lÃ , lâ€™appartenance Ã  lâ€™EEPF ou lâ€™EPM allait de soi lâ€™ont quittÃ©e pour rejoindre les assemblÃ©es de Dieu. Un choix qui implique des conflits familiaux, des ruptures douloureuses, surtout dans les petites Ã®les oÃ¹ une bonne part de la vie sociale tourne encore autour des paroisses protestantes, un choix quâ€™on ne peut pas expliquer seulement par des circonstances particuliÃ¨res, comme la maladie, la dÃ©pression, des dÃ©saccords ponctuels entre paroissiens et diacres, etc... Ces dÃ©parts tÃ©moignent aussi des Ã©volutions durables de la sociÃ©tÃ© polynÃ©sienne, de ce que chacun attend aujourdâ€™hui dâ€™une Ã©glise et de convictions thÃ©ologiques divergentes.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;La question de lâ€™efficacitÃ©&lt;/b&gt;, en particulier, a tendance Ã  devenir essentielle et elle se mesure de plus en plus au niveau individuel : que fait lâ€™Ã©glise pour moi, en quoi peut-elle mâ€™aider Ã  mâ€™en sortir dans cette sociÃ©tÃ© du chacun pour soi ? De nombreux domaines qui sont considÃ©rÃ©s par beaucoup de pasteurs de lâ€™EPM comme Â«intimesÂ» ou Â«psychologiquesÂ» â€“ donc hors de leur champ de compÃ©tences â€“, comme les problÃ¨mes de couple, les relations avec les enfants, la dÃ©pression et le mal-Ãªtre, la timiditÃ©, les difficultÃ©s professionnelles, etc. sont au contraire revendiquÃ©es par les Ã©glises pentecÃ´tistes comme des problÃ¨mes pour lesquels Dieu, la Bible sont la solution: pas seulement des conseils dâ€™ordre gÃ©nÃ©ral, mais une rÃ©ponse personnalisÃ©e, un Â«message de la part de Dieu pour toi, ici et maintenantÂ». Beaucoup de convertis au pentecÃ´tisme ont ainsi lâ€™impression que lâ€™EPM parle beaucoup de la sociÃ©tÃ© polynÃ©sienne en gÃ©nÃ©ral, mais nâ€™agit pas assez, concrÃ¨tement, pour amÃ©liorer la situation de chacun.&lt;br /&gt; &amp;nbsp; Ensuite, quelle &lt;b&gt;vie communautaire&lt;/b&gt; offre lâ€™Ã©glise: un lieu au cÅ“ur de la sociÃ©tÃ© (au risque dâ€™y retrouver toutes les tensions liÃ©es aux relations sociales ordinaires) ou une contre-sociÃ©tÃ© (qui en dÃ©liant lâ€™individu de ses obligations envers la famille, les ancÃªtres, le village, remet en cause des solidaritÃ©s anciennes) ? Il y a, chez les convertis au pentecÃ´tisme, mais aussi de plus en plus chez les croyants de toutes Ã©glises, la recherche dâ€™une Ã©glise dans laquelle on puisse se sentir Â«libreÂ», afin dâ€™accÃ©der Ã  une expÃ©rience qui soit moins Â«religieuseÂ» et plus Â«spirituelleÂ». Que ce soit liÃ© Ã  la progression pentecÃ´tiste ou non, lâ€™EPM pourra difficilement faire lâ€™Ã©conomie dâ€™une rÃ©flexion sur les formes dâ€™autoritÃ© qui sont aujourdâ€™hui acceptables, car comme lâ€™a soulignÃ© le sociologue Max Weber, il nâ€™y a pas dâ€™autoritÃ© durable si elle nâ€™est pas, dâ€™une faÃ§on ou dâ€™une autre, acceptÃ©e par ceux qui la subissent. Or, ce que montre le pentecÃ´tisme, câ€™est que lâ€™autoritÃ© qui est dÃ©sormais la mieux acceptÃ©e, dans la sociÃ©tÃ© polynÃ©sienne comme dans beaucoup dâ€™autres, est celle qui paraÃ®t fondÃ©e non sur un statut institutionnel (Â«je suis le chef, donc jâ€™ai raisonÂ») mais sur une exemplaritÃ©, ce que les pentecÃ´tistes appellent le tÃ©moignage (Â«ce que je dis est juste, parce que jâ€™ai un comportement qui en tÃ©moigneÂ»).&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/01/3ede54cb2105d35493988c6937aff586.jpg&quot; id=&quot;media-505645&quot; alt=&quot;288e9ba977fba22a467f11e236b16eeb.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-505645&quot; height=&quot;145&quot; width=&quot;196&quot; /&gt; QuatriÃ¨me raison dâ€™Ãªtre interpellÃ©e: &lt;b&gt;la question du sacerdoce universel et de la formation&lt;/b&gt;. Avec lâ€™Ã©lÃ©vation du niveau de scolarisation et de connaissance, beaucoup de Protestants polynÃ©siens voudraient mieux connaÃ®tre la Bible, en apprendre davantage sur la vie de JÃ©sus, mais sans se retrouver dans un rapport trop hiÃ©rarchique de lâ€™Ã©lÃ¨ve qui rÃ©cite devant le maÃ®tre. Faute de rÃ©ponses satisfaisantes, ils se tournent vers les librairies (de Paofai, mais aussi les librairies pentecÃ´tistes, adventistes ou catholiques), lâ€™Internet, les cours par correspondance, les cassettes vidÃ©o ou les stations de radio (combien de fidÃ¨les de lâ€™EPM Ã©coutent chaque matin Louis Levant sur RTV?). Les Ã©glises pentecÃ´tistes rÃ©pondent sans doute mieux Ã  cette envie dâ€™apprendre, ainsi quâ€™au dÃ©sir de participer Ã  la vie dâ€™Ã©glise, de prendre des responsabilitÃ©s sans se trouver aussitÃ´t accablÃ© par le poids de la charge et la peur des critiques.&lt;br /&gt; CinquiÃ¨me raison (et il y en a sÃ»rement bien dâ€™autres) : la progression du pentecÃ´tisme sâ€™inscrit plus largement dans un contexte de &lt;b&gt;pluralisme&lt;/b&gt;. Lâ€™historien amÃ©ricain Charles Forman a Ã©crit que le pluralisme est sans doute lâ€™un des plus grands dÃ©fis auxquels doivent aujourdâ€™hui faire face les sociÃ©tÃ©s et les Ã©glises polynÃ©siennes. Car quand il y a de plus en plus dâ€™Ã©glises, la religion nâ€™est plus un facteur dâ€™unitÃ©, elle peut devenir au contraire un facteur de division, de conflits, si les Ã©glises sont incapables de faire avec cette nouvelle diversitÃ©. Câ€™est dâ€™autant plus net avec le pentecÃ´tisme, quâ€™il sâ€™agit â€“ quâ€™on le veuille ou non â€“ dâ€™un autre protestantisme. Est-ce que lâ€™EPM est prÃªte Ã  accepter lâ€™idÃ©e quâ€™elle puisse Ãªtre Ã  lâ€™avenir une des Ã©glises protestantes de PolynÃ©sie et non la seule Â«vraieÂ» Ã©glise protestante, et quelles relations peut-elle nouer avec ces autres protestantismes, Ã©vangÃ©liques, pentecÃ´tistes, demain peut-Ãªtre baptistes, mÃ©thodistes?&lt;br /&gt; Le pluralisme, câ€™est aussi lâ€™existence en PolynÃ©sie de plusieurs langues et de plusieurs cultures. En changeant de nom, lâ€™EPM a-t-elle voulu signifier quâ€™elle ne serait dÃ©sormais que lâ€™Ã©glise des Maâ€™ohi, tandis que les assemblÃ©es de Dieu accueillent indiffÃ©remment Maâ€™ohi, Tinito ou Popaâ€™a, en mettant en avant une identitÃ© Â«en ChristÂ» plutÃ´t quâ€™une identitÃ© ethnique?&lt;br /&gt; Enfin, le pluralisme ce sont des pratiques religieuses variables, modulables: certains sâ€™identifient comme protestants sans pratiquer autrement quâ€™en famille, dâ€™autres sont fidÃ¨les chaque dimanche ou trois fois par semaine Ã  leur Ã©glise, dâ€™autres encore circulent dans diffÃ©rentes Ã©glises pour se faire leur propre opinion. Et du fait de cette circulation accrue, il y aura de plus en plus, au sein mÃªme de lâ€™EPM, une diversitÃ© de pratiques et de croyances, il y a dâ€™ailleurs dÃ©jÃ , dans les paroisses, des Ã‰vangÃ©liques, des partisans dâ€™une thÃ©ologie culturelle maoâ€™hi et des Protestants de sensibilitÃ© rÃ©formÃ©e.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;b&gt;DM&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Y-a-t-il un avenir au pentecÃ´tisme en PolynÃ©sie?&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;YF&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; En thÃ©orie, beaucoup dâ€™Ã©volutions de la sociÃ©tÃ© polynÃ©sienne actuelle favorisent la progression des Ã©glises pentecÃ´tistes. Mais en pratique, celle-ci est aussi limitÃ©e par le niveau dâ€™engagement quâ€™elles exigent de leurs membres, car tout le monde nâ€™est pas prÃªt Ã  dÃ©penser autant de temps et dâ€™Ã©nergie pour la vie dâ€™Ã©glise. Câ€™est ce qui explique quâ€™il y ait toutes les semaines Ã  la fois des gens qui se convertissent et dâ€™autres qui Â«se refroidissentÂ», selon lâ€™expression utilisÃ©e par les PentecÃ´tistes, câ€™est-Ã -dire qui prennent une distance plus ou moins grande et plus ou moins dÃ©finitive avec lâ€™Ã©glise.&lt;br /&gt; Ce qui me paraÃ®t beaucoup plus facile Ã  prÃ©voir, câ€™est une progression significative non pas forcÃ©ment des Ã©glises pentecÃ´tistes, mais du protestantisme Ã©vangÃ©lique ou pentecÃ´tiste lui-mÃªme. Ce que je veux dire par lÃ , câ€™est quâ€™il y a aujourdâ€™hui un Ã©cart important entre le protestantisme de lâ€™EPM et celui des Ã©glises pentecÃ´tistes et il est probable que cet Ã©cart se rÃ©duise Ã  lâ€™avenir â€“ comme on lâ€™observe par exemple aux Ã®les Cook â€“ avec une progression de la tendance Ã©vangÃ©lique, que ce soit au sein de lâ€™EPM ou en dehors. Dans son histoire, le protestantisme a toujours Ã©tÃ© divers, et cette diversitÃ© sâ€™est exprimÃ©e soit par des Ã©glises organisant la cohabitation de plusieurs tendances thÃ©ologiques, soit (plus souvent) par la crÃ©ation dâ€™autant dâ€™Ã©glises quâ€™il y a dâ€™orientations thÃ©ologiques.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;b&gt;DM&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Le pentecÃ´tisme sâ€™est-il intÃ©grÃ© Ã  la culture polynÃ©sienne ou nâ€™est-ce plus nÃ©cessaire aujourdâ€™hui pour prospÃ©rer?&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;YF&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Le pentecÃ´tisme polynÃ©sien est diffÃ©rent du pentecÃ´tisme franÃ§ais, par exemple, parce quâ€™il sâ€™inscrit dans une culture polynÃ©sienne qui est profondÃ©ment imprÃ©gnÃ©e de protestantisme. Ainsi, il peut se prÃ©valoir dâ€™une fidÃ©litÃ© Ã  la Bible, ce que les PolynÃ©siens comprennent immÃ©diatement, Ã©voquer les missionnaires polynÃ©siens du 19Ã¨me siÃ¨cle pour encourager les convertis Ã  Ã©vangÃ©liser autour dâ€™eux ou rappeler les rÃ©cits de miracles &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/01/cf719ef8769d48a293f934d6ecb9e5e6.jpg&quot; id=&quot;media-505653&quot; alt=&quot;75e17b14df180da43d53b7591c8e7956.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-505653&quot; height=&quot;133&quot; width=&quot;206&quot; /&gt;transmis par les gÃ©nÃ©rations protestantes prÃ©cÃ©- dentes. En revanche, Ã  lâ€™exception des tendances les plus rÃ©centes (lâ€™Ã©glise du Plein Ã‰vangile notam- ment) ou de groupes influencÃ©s par Jeunesse en Mission, il ne fait pas preuve dâ€™un militantisme culturel comparable Ã  celui de lâ€™EPM. Sans doute pour se distinguer de lâ€™EPM, les assemblÃ©es de Dieu ont tendance Ã  refuser ce quâ€™elles considÃ¨rent comme un repli sur soi et Ã  offrir plutÃ´t une ouverture sur lâ€™extÃ©rieur quâ€™une valorisation de la culture locale. Elles insistent sur la nÃ©cessaire rupture avec la culture polynÃ©sienne prÃ©-chrÃ©tienne, Ã©voquent la lutte contre les esprits liÃ©s aux marae, aux tikis, et se montrent assez rÃ©ticentes vis Ã  vis dâ€™expressions culturelles comme la danse. Les relations entre pentecÃ´tisme et culture sâ€™organisent donc sur la base dâ€™une comprÃ©hension assez stricte de ce qui, dans la culture polynÃ©sienne, est compatible avec le christianisme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Le 29 avril 2006&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#993300&quot;&gt;&lt;b&gt;Photos d'illustration&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;- L'Ã©glise &lt;i&gt;Apostolic Faith Gospel Mission&lt;/i&gt;, rue Azusa, au dÃ©but du siÃ¨cle (AP Photo/Larry Ross Communications) et W.J. Seymour.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;- Colonie de vacances des assemblÃ©es de Dieu Ã  Taravao (Tahiti), 1984 (Photo Raymond Siao, DR)&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;- Temple de l'Ã©glise protestante ma'ohi Ã  Haapiti, Moorea, 2007 (Photo Gwendoline Malogne-Fer, DR)&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;- Chorale de Taravao, rassemblement de PentecÃ´te, Tahiti, 2001 (Photo Yannick Fer, DR)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Histoire des missions chrÃ©tiennes en OcÃ©anie (2): missions polynÃ©siennes</title>
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                <author>noreply@ (Yann)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 17 Jun 2007 16:10:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/00/01/7d0883e667878de0add51ef98ed09e33.jpg&quot; alt=&quot;c3a123368d1ded6be2b130a97e79a7ae.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Voici comme promis un aperÃ§u du second versant de lâ€™histoire des missions chrÃ©tiennes en OcÃ©anie, qui met en scÃ¨ne des missionnaires ocÃ©aniens ayant contribuÃ©, dâ€™abord en appui des missions europÃ©ennes puis au nom dâ€™Ã©glises ocÃ©aniennes devenues autonomes (jusquâ€™aux annÃ©es 1980 dans certaines rÃ©gions), Ã  la diffusion du christianisme dans les Ã®les du Pacifique.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Les missionnaires dâ€™OcÃ©anie, le plus souvent polynÃ©siens, sont au dÃ©part dÃ©crits par les observateurs europÃ©ens non comme des missionnaires Ã  part entiÃ¨re mais comme des &lt;b&gt;&lt;i&gt;native teachers&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, auxiliaires des missions europÃ©ennes qui dÃ©butent essentiellement (mises Ã  part quelques incursions catholiques isolÃ©es) Ã  la fin du 18Ã¨me siÃ¨cle avec lâ€™arrivÃ©e Ã  Tahiti de la &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/London_Missionary_Society&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;i&gt;London Missionary Society&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (LMS) protestante.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Au 20Ã¨me siÃ¨cle, ils prennent progressivement en charge des Ã©glises locales dans lâ€™ensemble des Ã®les du Pacifique, instaurant avec les populations locales des relations faites dâ€™Ã©changes culturels et parfois de rapports de domination.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;&lt;b&gt;Missions polynÃ©siennes en Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/00/a5ff5dac8407eaa44d2634fc61148260.jpg&quot; alt=&quot;abca847c20791e73dd77be68babe8f0e.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;119&quot; width=&quot;163&quot; /&gt; Selon les statistiques de la &lt;b&gt;&lt;i&gt;LMS&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, presque la moitiÃ© des missionnaires et de leurs Ã©pouses sont morts ou ont Ã©tÃ© tuÃ©s entre 1871 et 1885. Ils viennent des &lt;a href=&quot;http://www.iles-loyaute.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Ã®les LoyautÃ©&lt;/a&gt;, des &lt;a href=&quot;http://www.cook-islands.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Ã®les Cook&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.niueisland.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Niue&lt;/a&gt; (Ã  partir de 1874), des Ã®les de la SociÃ©tÃ© (1878) et de &lt;a href=&quot;http://www.visitsamoa.ws/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Samoa&lt;/a&gt; (1884). La &lt;b&gt;&lt;i&gt;Wesleyan Methodist Mission&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; envoie elle aussi en Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e des missionnaires tongiens (les Tongiens qui avaient auparavant, Ã  partir de 1835, dÃ©jÃ  contribuÃ© Ã  lâ€™implantation du mÃ©thodisme Ã  Fidji et Samoa), des Samoans et des Fidjiens. Ils arrivent en Nouvelle-GuinÃ©e Ã  partir de 1875, en Papouasie Ã  partir de 1891, aux Salomon en 1902, puis dans les montagnes des Highlands au cours des annÃ©es 1960. Dans les annÃ©es 1970, cette mission mÃ©thodiste sâ€™associe Ã  lâ€™Ã©glise unie de Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e et Salomon pour envoyer des missionnaires chez les aborigÃ¨nes des territoires du nord de lâ€™Australie.&lt;br /&gt; Les principales difficultÃ©s rencontrÃ©es par ces missionnaires ocÃ©aniens sont liÃ©es Ã  des maladies inconnues en PolynÃ©sie et Ã  Fidji, comme la malaria. Leurs relations avec les populations locales sont ambivalentes : plus faciles que les relations entre missionnaires europÃ©ens et MÃ©lanÃ©siens, mais pas sans tensions. Plusieurs auteurs Ã©voquent en particulier des tensions avec les Tongiens et les Samoans, pour deux raisons:&lt;br /&gt; - Dâ€™abord, des prÃ©jugÃ©s culturels. Beaucoup de missionnaires tongiens et samoans Ã©taient au dÃ©but du 20Ã¨me siÃ¨cle convaincus de leur supÃ©rioritÃ© physique, mentale et culturelle sur les MÃ©lanÃ©siens, un sentiment renforcÃ© par la conviction dâ€™apporter Â« la lumiÃ¨re Ã  des peuples dans lâ€™obscuritÃ© Â».&lt;br /&gt; - Ensuite, les pasteurs samoans bÃ©nÃ©ficient, dans les villages samoans, de beaucoup dâ€™autoritÃ©, dâ€™attention et de dons de la part des membres dâ€™Ã©glise. Certains dâ€™entre eux sâ€™attendaient Ã  pouvoir instaurer ce type de relations avec les populations de Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e, et ont suivent suscitÃ© des rÃ©sistances.&lt;br /&gt; Il semble en revanche quâ€™il y ait eu moins de tensions avec les Fidjiens, les mariages entre hommes fidjiens et femmes mÃ©lanÃ©siennes Ã©tant assez courants, en particulier chez les missionnaires veufs.&lt;br /&gt; Et puis ces missionnaires ont contribuÃ© Ã  introduire de nouvelles habitudes : ils ont enseignÃ© de nouveaux chants, que lâ€™on peut entendre encore aujourdâ€™hui dans ces Ã©glises, chants en grande partie inspirÃ©s par ceux des Ã©glises de PolynÃ©sie. Ils ont introduit de nouvelles mÃ©thodes de culture, de nouvelles utilisations des plantes, du pandanus, de la fibre de coco. Ils ont diffusÃ© de nouveaux sports comme le rugby et le cricket. Ils ont influencÃ© le style des habitations. Sur lâ€™Ã®le de Misima par exemple, au sud-est de la Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e, on trouve des maisons de style tongien. Le plus souvent, câ€™est le style fidjien qui a Ã©tÃ© adoptÃ©.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#003366&quot;&gt;Histoire de Turaliare Teauariki, missionnaire des Ã®les Cook en Papouasie (1963-1975)&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/00/0dab97cf9e809066e2072489569647a4.jpg&quot; alt=&quot;8883699f5f8e5491d63082f95c08d460.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt; T. Teauriki est lâ€™un des derniers missionnaires polynÃ©siens envoyÃ©s en Papouasie par une Ã©glise protestante historique. Son rÃ©cit a Ã©tÃ© publiÃ© en 1996 par Doug Munro et Andrew Thornley dans un livre intitulÃ© &lt;a href=&quot;http://uspbookcentre.com/store/merchant.mv?Screen=PROD&amp;amp;Store_Code=UBC&amp;amp;Product_Code=ISBN-98200201268&amp;amp;Category_Code=RG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;The Covenant Makers, Islander Missionaries in the Pacific&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (PTC et University of South Pacific, Suva, Fidji).&lt;br /&gt; En 1962, T. Teauariki est pasteur Ã  Penrhyn, dans les Ã®les du nord des Cook. Il est devenu pasteur Ã  lâ€™Ã¢ge de 35 ans, aprÃ¨s une formation au Takamoa College de Rarotonga â€“ lâ€™Ã©cole pastorale de la &lt;i&gt;&lt;b&gt;Cook Island Christian Church&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; (CICC), issue de la LMS.&lt;br /&gt; Quand son Ã©pouse et lui partent en 1963, il nâ€™y a plus eu de missionnaires des Ã®les Cook en Papouasie depuis 40 ans et ils y sont les seuls missionnaires ocÃ©aniens non samoans. Le voyage jusquâ€™au village reculÃ© de Rouku, dans la rÃ©gion de Morehead River, comprend plusieurs Ã©tapes, au cours desquelles il leur est systÃ©matiquement rappelÃ© que lÃ  oÃ¹ ils vont, les Â« gens sont sauvages et il y aura des difficultÃ©s et des maladies Â».&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;AprÃ¨s trois mois de formation Ã  Rarotonga, ils prennent le bateau jusquâ€™aux Samoa puis lâ€™avion pour Sydney, oÃ¹ T. Teauariki suit des cours Ã  lâ€™&lt;a href=&quot;http://www.asopa.com.au/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Australian School of Pacific Administration&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, lâ€™Ã©cole de formation des officiers gouvernementaux australiens (Son Ã©pouse reÃ§oit une formation en puÃ©riculture et infirmerie). TroisiÃ¨me Ã©tape, Ã  Port Moresby: un missionnaire blanc en poste depuis 20 ans leur enseigne la langue Motu. Ã€ nouveau, on les met en garde: trois pasteurs locaux ont dÃ» quitter la rÃ©gion, Â« ils ont dit que les gens Ã©taient trÃ¨s sauvages et quâ€™il y avait beaucoup de dangers Â». QuatriÃ¨me Ã©tape, Daru, capitale de la province occidentale, au sud, oÃ¹ des gens de la Morehead River leur apprennent leur langue. Enfin, arrivÃ©e Ã  Morehead, oÃ¹ ils sont accueillis par le Patrol Officer australien â€“ câ€™est lui qui a demandÃ© Ã  lâ€™Ã©glise locale, la &lt;i&gt;&lt;b&gt;Papua Ekalesia&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;, dâ€™envoyer un couple missionnaire pour le village de Rouku, oÃ¹ ils se rendent en pirogue.&lt;br /&gt; &lt;blockquote&gt;Â«&lt;i&gt;DÃ¨s le dÃ©part â€“ Ã©crit T. Teauriki â€“, jâ€™ai dÃ©cidÃ© de vivre prÃ¨s des gens. Quand jâ€™ai vu leur mode de vie, jâ€™ai laissÃ© de cÃ´tÃ© toutes les leÃ§ons que jâ€™avais prÃ©vu de leur enseigner parce que jâ€™ai vu que Ã§a ne voudrait rien dire pour eux. Au dÃ©part, je nâ€™ai pas essayÃ© de leur donner une Ã©ducation chrÃ©tienne. Jâ€™ai juste essayÃ© de devenir amis avec eux. Je leur ai rendu visite dans le bush parce que câ€™est lÃ  quâ€™ils Ã©taient toujours. Je mâ€™asseyais avec eux et jâ€™Ã©coutais les hommes parler entre eux pour mieux apprendre leur langue. Je passais mes journÃ©es dans le bush. Le matin et le soir, jâ€™avais des priÃ¨res familiales Ã  la maison et certains dâ€™entre eux venaient et sâ€™asseyaient avec nous. Mais Ã§a ne les intÃ©ressait pas longtemps et parfois ils partaient avant la fin&lt;/i&gt;.Â»&lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt;&amp;nbsp;&lt;/blockquote&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Il voulait leur apporter Â«la vieÂ», il rÃ©alise quâ€™il doit surtout apprendre Ã  vivre avec eux et comme &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/01/ad70e601e2552525b62b1097e4c3eb38.jpg&quot; alt=&quot;776ee61087c27090646efafa9991c0b2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;eux: Â«personne ne mâ€™a prÃ©venu que ma premiÃ¨re idÃ©e Ã©tait fausseÂ»â€¦ Plusieurs caractÃ©ristiques de la vie Ã  Daru lui paraissent devoir Ãªtre Â«civilisÃ©sÂ» et on voit concrÃ¨tement comment les missionnaires polynÃ©siens intro- duisent des changements dans les modes de vie:&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; - &lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&quot;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;&lt;i&gt;propretÃ©&quot;.&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; Â« Donc nous avons mangÃ© avec les gens mÃªme si la nourriture Ã©tait sale et que rien nâ€™Ã©tait lavÃ©. Nous les avons invitÃ©s Ã  manger avec nous. Au dÃ©but, Mama [son Ã©pouse] voulait que je les emmÃ¨ne Ã  la riviÃ¨re laver leurs mains avant de manger, mais jâ€™ai dit que nous devions Ãªtre patients et les laisser manger avec les mains sales Â».&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;- &lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Accouchement et soins des bÃ©bÃ©s.&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; Son Ã©pouse invite les femmes Ã  accoucher chez elle plutÃ´t que dans le bush (de peur que les esprits dâ€™un enfant mort-nÃ© ne hantent le village), quelques unes acceptent mais la plupart refusent. Elle leur apprend Ã  laver rÃ©guliÃ¨rement les bÃ©bÃ©s.&lt;br /&gt; - &lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;Tressage et couture.&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; - Son Ã©pouse vit avec les femmes, mais Ã©vite le bush de peur des serpents. Elle leur apprend Ã  fabriquer des objets tressÃ©s en pandanus, fibres de coco et autres plantes, ainsi que la couture, un grand classique de lâ€™action missionnaire en direction des femmes.&lt;br /&gt; - &lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Pacification.&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt; Quand il visite les autres villages, accompagnÃ© par un Daru qui a vÃ©cu cinq ans Ã  Port Moresby, voici comment T. Teauriki se prÃ©sente :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;blockquote&gt;Â«&lt;i&gt;Je leur disais que jâ€™Ã©tais envoyÃ© lÃ  par la Papua Ekalesia et que jâ€™Ã©tais venu de Rarotonga pour apporter lâ€™Ã©vangile. Je disais que jâ€™Ã©tais rÃ©ellement envoyÃ© par Dieu, par le biais de lâ€™Ã©glise, et que je leur apportais la Bible. Je leur disais quâ€™eux et moi Ã©tions un seul peuple et que Dieu nous a fait un, et que jâ€™Ã©tais venu pour les aider Ã  ne faire quâ€™un seul peuple avec leurs voisins des autres villages.&lt;/i&gt;Â»&lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt;&amp;nbsp;&lt;/blockquote&gt; Il a par la suite occupÃ© plusieurs postes, dont celui de superintendent du district de Daru, en 1966 aprÃ¨s un intÃ©rim assurÃ© par un Samoan (Ã©poque oÃ¹ les missionnaires polynÃ©siens accÃ¨dent aux responsabilitÃ©s occupÃ©es jusque-lÃ  par des Occidentaux). En 1969, on annonce que la Papua Ekalesia a dÃ©cidÃ© de ne plus faire appel Ã  des missionnaires ocÃ©aniens et quâ€™ils nâ€™ont plus droit quâ€™Ã  un seul sÃ©jour de 6 ans. Il rentrent fin 1975, le successeur de T. Teuariki) Ã  la tÃªte du district de Morehead est un Papou.&lt;br /&gt; Son rÃ©cit est Ã©crit dix ans plus tard, en 1985. Il termine en Ã©voquant les liens Ã©tablis entre &lt;i&gt;Cook Islanders&lt;/i&gt; et Papous:&lt;/div&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Â«&lt;i&gt;Nous avons Ã©tÃ© heureux de voir que beaucoup de Papous dont les ancÃªtres ont reÃ§u les premiers missionnaires des Ã®les Cook souhaitent maintenir un lien avec notre Ã©glise. En 1982, environ 50 dâ€™entre eux sont venus visiter Rarotonga. En 1984, 147 sont venus. Il est maintenant prÃ©vu dâ€™en envoyer encore 147 en dÃ©cembre 1985. Chaque fois, ils restent deux semaines, comme invitÃ©s de notre Ã©glise&lt;/i&gt;.Â»&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#003366&quot;&gt;&lt;b&gt;Pasteurs samoans Ã  Tuvalu, 1865-1899&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/00/00/159707f402e84fbb9f23273e54a27c2d.jpg&quot; alt=&quot;656e5148fa23faaeebaf18f5821609cc.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;DerniÃ¨re histoire de missionnaires polynÃ©siens, cette fois en PolynÃ©sie, sur lâ€™atoll de Tuvalu. Lâ€™introduction du christianisme sur cet atoll est attribuÃ©e Ã  un Cook Islander de la LMS, Elekana, diacre de Manihiki, qui fait naufrage en 1861 au sud de Tuvalu. FormÃ© ensuite au Malua College, il fait partie de lâ€™expÃ©dition de 1865 avec le missionnaire Murray et deux Â«teachersÂ» samoans. Ã€ son arrivÃ©e, Murray remarque quâ€™il y a dÃ©jÃ  une chapelle, que les Tuvalu ont une bible en anglais et connaissent trois chants dont deux en anglais, sans doute du fait dâ€™un Hawaiien ayant rÃ©sidÃ© sur lâ€™Ã®le.&lt;br /&gt; Aucun missionnaire europÃ©en nâ€™a jamais rÃ©sidÃ© durablement Ã  Tuvalu, la mission a Ã©tÃ© prise en charge par des missionnaires polynÃ©siens, essentiellement samoans.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;On retrouve Ã  Tuvalu les mÃªmes rÃ©cits quâ€™en Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e sur les attentes des pasteurs samoans vis Ã  vis des paroissiens de Tuvalu, avec lâ€™instauration dâ€™un vÃ©ritable rÃ©gime LMS samoan : lâ€™Ã©glise de Tuvalu est un district de Samoa et les pasteurs samoans accumulent plus dâ€™autoritÃ© et de richesses que les chefs locaux. La volontÃ© des Tuvalu de&amp;nbsp; dÃ©-samoanise Â» leur Ã©glise ne se rÃ©alise quâ€™aprÃ¨s la seconde guerre mondiale : en 1947, un pasteur tuvalu demande Ã  lâ€™Ã©glise&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/01/29b47b12c66bd38d40b7e745efad9640.jpg&quot; alt=&quot;213942c4a8ade5c8ca4a10999ae423e8.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; /&gt; samoane de rapatrier ses pasteurs, retrait qui dÃ©bute six ans plus tard.Lâ€™Ã©glise indÃ©pendante de Tuvalu, &lt;b&gt;&lt;i&gt;Ekalesia Kelisiano Tuvalu&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, qui rassemble aujourdâ€™hui 93% de la population, est fondÃ©e en 1969.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;Illustrations&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;En-tÃªte&lt;/i&gt;: &lt;b&gt;Mathias Kauage,&lt;/b&gt; &lt;i&gt;The first missionary&lt;/i&gt; (1977, &lt;a href=&quot;http://www.nga.gov.au/Imagining/gallery.cfm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;National Gallery of Australia&lt;/a&gt;).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Noir et blanc: &quot;Young People with&amp;nbsp; Maiva Shields&quot;, Port Moresby 1881-1189, l'une des premiÃ¨res photos de la cÃ´te papoue, prise par&amp;nbsp; un missionnaire de la LMS, le Rev.&amp;nbsp; W.G. Lawes (&lt;a href=&quot;http://www.metmuseum.org/special/coaxing/view_1.asp?item=0&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Peabody Museum&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;CÃ©rÃ©monie papoue&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Tuvalu&lt;/i&gt; (Vaitupu Island et &lt;span class=&quot;text&quot;&gt;Niulakita Island)&lt;/span&gt;: superbes photos de &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.peterbennetts.com/index.php?EXP=93&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Peter Bennets&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;span class=&quot;text&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Homme Ã  la pirogue&lt;/i&gt; (Papouasie occidentale, Fly River): &lt;a href=&quot;http://www.pacificislandtravel.com/png/about_destin/flyriveregion.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;pacificislandtravel.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2007/05/30/histoire-des-missions-chretiennes-en-oceanie-1.html</guid>
                <title>Histoire des missions chrÃ©tiennes en OcÃ©anie (1): Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e</title>
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                <author>noreply@ (Yann)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 30 May 2007 22:35:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/00/01/5113faa73d604331e35356997c58e9da.jpg&quot; alt=&quot;fa83c72aad1cc2853ef29b2be897b8bb.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;150&quot; width=&quot;193&quot; /&gt;Il y a deux versants dans lâ€™histoire des missions chrÃ©tiennes en OcÃ©anie. Le premier, dans lâ€™ordre chronologique comme dans les reprÃ©sentations les plus courantes, ce sont les missionnaires europÃ©ens, puis nord-amÃ©ricains, nÃ©o-zÃ©landais ou australiens qui ont importÃ© dans la rÃ©gion le protestantisme, le catholicisme, les Ã©glises nÃ©es au 19Ã¨me siÃ¨cle aux Etats-Unis (Mormons, Adventistes) et les mouvements plus rÃ©cents comme le pentecÃ´tisme ou les tÃ©moins de JÃ©hovah. Le second versant, ce sont les missionnaires ocÃ©aniens qui, en appui des missions europÃ©ennes puis au nom dâ€™Ã©glises ocÃ©aniennes devenues autonomes, ont contribuÃ© (jusquâ€™aux annÃ©es 1980 dans certaines rÃ©gions), Ã  la diffusion du christianisme dans les Ã®les du Pacifique.&lt;br /&gt; Nous avons prÃ©sentÃ© ces deux versants, &lt;a href=&quot;http://www.pacific-credo.fr/index.php?page=isabelle-merle&amp;amp;hl=fr&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Isabelle Merle&lt;/a&gt; et moi, le 22 mars 2007, dans le cadre du &lt;a href=&quot;http://www.ehess.fr/ue/2007-2008/ue268.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;sÃ©minaire de formation Ã  la recherche dans lâ€™aire ocÃ©anienne&lt;/a&gt; de lâ€™EHESS. Je commence par quelques mots sur le Â« dernier chapitre Â» de lâ€™histoire de missions occidentales â€“ qui chevauche en partie lâ€™autre versant, ocÃ©anien â€“ avant de donner un aperÃ§u de ces missions inter-ocÃ©aniennes lors dâ€™une prochaine note.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#333300&quot;&gt;Missions chrÃ©tiennes en Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e et aux Ã®les Salomon : dernier chapitre dâ€™une histoire missionnaire&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;i&gt;Les missions catholiques&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Les premiers missionnaires catholiques, des frÃ¨res maristes, arrivent en 1847 Ã  Woodlark Island et Rooke Island (Sud-Est de la PNG). Mais ils sont victimes de malaria, repartent en 1852. Les Missions Ã©trangÃ¨res de Milan, qui reprennent le flambeau, doivent elles aussi abandonner Ã  cause des maladies, Ã  quoi sâ€™ajoute en 1852 le meurtre dâ€™un prÃªtre.&lt;br /&gt; En 1883 et 1884, lâ€™annexion du sud-est de lâ€™Ã®le par le gouvernement du Queensland dâ€™Australie au nom de la Grande-Bretagne et du &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/01/02/a6097361b4145e6f1e21ff35badf4caa.jpg&quot; alt=&quot;c8f747f2495ffbfd3b6b0affe9a1148b.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;nord-est du pays par lâ€™Allemagne entraÃ®ne lâ€™arrivÃ©e de nouveaux missionnaires : des franÃ§ais et des allemands du SacrÃ©-CÅ“ur en Nouvelle-Bretagne et en Papouasie ; la sociÃ©tÃ© allemande de la Parole Divine sur la cÃ´te nord de Nouvelle-GuinÃ©e Ã  partir de 1896. Ce sont des missions qui progressent dans lâ€™ensemble trÃ¨s lentement, qui rencontrent beaucoup difficultÃ©s liÃ©es aux maladies et aux guerres.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;Le nouvel Ã©lan des missions catholiques a lieu au cours des annÃ©es 1930, avec la dÃ©couverte de populations importantes dans les Highlands et aprÃ¨s la seconde guerre mondiale, quand la reconstruction du pays implique une internationalisation des personnels missionnaires et lâ€™arrivÃ©e de nouvelles congrÃ©gations.&lt;br /&gt; On a donc les premiÃ¨res missions autour de 1850 mais le catholicisme nâ€™est vraiment installÃ© en Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e quâ€™Ã  partir des annÃ©es 1930. Câ€™est dâ€™ailleurs en 1937 quâ€™est ordonnÃ© le premier prÃªtre autochtone, Louis Vangeke. Et câ€™est seulement aprÃ¨s la seconde guerre mondiale que lâ€™on commence Ã  former les futurs prÃªtres sur place, ce qui est toujours un Ã©lÃ©ment-clÃ© de la transition entre mission et Ã©glise locale. Jusque-lÃ  les Ã©tudiants allaient se se former en Australie et Ã  Madagascar. En 1963, lâ€™Ã©glise construit le &lt;i&gt;Holy Spirit Regional Seminary&lt;/i&gt; Ã  Boroko (sud-est), qui compte aujourdâ€™hui 170 Ã©tudiants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;Les missions luthÃ©riennes&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Lâ€™histoire des missions luthÃ©riennes est elle aussi trÃ¨s liÃ©e aux annexions et prises de contrÃ´le occidentales : les premiers missionnaires, en 1886, sont des missionnaires allemands, notamment de la sociÃ©tÃ© missionnaire du Rhin. Dans un premier temps, &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/02/01/eee7ef37ef428f4ef2df5a79966471fa.jpg&quot; alt=&quot;0b6ee0726e4225bb97c498a76c1f486e.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;tout en travaillant avec les autoritÃ©s coloniales allemandes, ils sont financÃ©s par des Ã©glises amÃ©ricaines et australiennes. Dans la rÃ©gion de Madang (cÃ´te Est), ils sont rejoints par des missionnaires samoans : il faut ici se rappeler quâ€™Ã  la fin du 19Ã¨me siÃ¨cle, lâ€™Allemagne occupait lâ€™ouest des Samoa (1899-1914). AprÃ¨s la premiÃ¨re guerre mondiale, lâ€™Ã©glise luthÃ©rienne australienne est autorisÃ©e Ã  prendre le contrÃ´le des missions de Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e, avec le soutien Ã  partir des annÃ©es 1920 de missionnaires amÃ©ricains. DÃ¨s les annÃ©es 1920, les luthÃ©riens lancent des missions dans les Highlands, rÃ©gion oÃ¹ la premiÃ¨re station est installÃ©e en 1931, en concurrence directe avec les catholiques. Enfin, des Ã©glises locales sont crÃ©Ã©es: en 1956, dans la rÃ©gion de Enga que les missionnaires â€“ amÃ©ricains â€“ quittent en 1978 (lâ€™Ã©glise est alors baptisÃ©e &lt;i&gt;â€˜Gutnius Lutheran Church&lt;/i&gt; â€“ PNG); et en 1961, lâ€™Ã©glise Ã©vangÃ©lique luthÃ©rienne de Nouvelle-GuinÃ©e. En 1976, la &lt;i&gt;New Guinea Lutheran Mission&lt;/i&gt; est dissoute et les missionnaires europÃ©ens sâ€™en vont.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;Les missions LMS et mÃ©thodistes&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Avec les missionnaires de la &lt;i&gt;London Missionary Society&lt;/i&gt; (LMS) et des Ã©glises mÃ©thodistes, on se situe dÃ©jÃ  â€“ beaucoup plus rapidement que pour les missions catholiques et luthÃ©riennes â€“ Ã  mi-chemin entre la continuitÃ© des missions europÃ©ennes et la prise en charge de lâ€™action missionnaire par les OcÃ©aniens eux-mÃªmes.&lt;br /&gt; Les Ã©glises unies (&lt;i&gt;United Church&lt;/i&gt;) de Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e et des Ã®les Salomon sont issues de cette histoire, et de la fusion entre la LMS et lâ€™&lt;i&gt;Australian Methodist Mission&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp; - La mission australienne dÃ©bute dans les annÃ©es 1870, avec des missionnaires australiens, fidjiens et samoans, elle sâ€™implante notamment en Nouvelle-Bretagne et Nouvelle-Irlande.&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/media/01/00/50285664ac9b6970d4ac4e7993651569.jpg&quot; alt=&quot;36d9c33fe6a92478825ed9b12e10f491.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt; - Ã€ partir de 1871, la LMS envoie des OcÃ©aniens en mission en Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e, les premiers installÃ©s sur les cÃ´tes papoues viennent des Ã®les LoyautÃ©, mais rapidement ce sont les PolynÃ©siens qui sont les plus nombreux. La mission est conduite par un missionnaire des Ã®les Cook, &lt;a href=&quot;http://www.adb.online.anu.edu.au/biogs/A060079b.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Ruatoka&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt; Ces deux missions, majoritairement polynÃ©siennes, ont donnÃ© naissance Ã  des Ã©glises locales organisÃ©es de faÃ§on dÃ©centralisÃ©e (ce quâ€™on appelle le modÃ¨le congrÃ©gationaliste) et ont trÃ¨s tÃ´t formÃ© des Ã©vangÃ©listes locaux.&lt;br /&gt; - AprÃ¨s la seconde guerre mondiale, les synodes rÃ©gionaux des Ã®les de Nouvelle-GuinÃ©e et des Ã®les papous dÃ©cident dâ€™envoyer des missionnaires dans les Highlands, on a donc des missionnaires polynÃ©siens et des missionnaires locaux associÃ©s pour Ã©vangÃ©liser les rÃ©gions les plus isolÃ©es de Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e. Enfin, en 1968, la &lt;i&gt;United Church of Papua New-Guinea and Solomon Islands&lt;/i&gt; est crÃ©Ã©e Ã  partir de la rÃ©union des Ã©glises mÃ©thodistes des Ã®les de Nouvelle-GuinÃ©e, des Ã®les papous, des Highlands et de la &lt;i&gt;Papua Ekalesia&lt;/i&gt; issue de la LMS, ainsi que deux Ã©glises de langue anglaise de Port Moresby. Et en 1996, lâ€™Ã©glise des Ã®les Salomon devient indÃ©pendante. Les derniers missionnaires polynÃ©siens quittent la rÃ©gion au cours des annÃ©es 1980, Ã  la demande des Ã©glises locales.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;* Illustration en-tÃªte&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; : Teruwai Kepo (Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e), &lt;i&gt;not titled [church buildings]&lt;/i&gt; c.1975, collection of the National Gallery of Australia.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;(source: www.nga.gov.au/Imagining/ details/143588.cfm).&lt;/div&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2007/03/18/nouvel-album-tour-de-l-ile-et-apercu-de-la-diversite-religie.html</guid>
                <title>Nouvel album : tour de l'Ã®le et aperÃ§u de la diversitÃ© religieuse Ã  Moorea</title>
                <link>http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2007/03/18/nouvel-album-tour-de-l-ile-et-apercu-de-la-diversite-religie.html</link>
                <author>noreply@ (Yann)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 18 Mar 2007 12:35:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_catholiques_haapiti.jpg&quot; alt=&quot;medium_catholiques_haapiti.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;88&quot; width=&quot;118&quot; /&gt;Lors du recensement de 1971 â€“ le dernier prenant en compte les appartenances religieuses â€“ la population de Moorea Ã©tait Ã  80% protestante, membre de lâ€™Ã©glise Ã©vangÃ©lique de PolynÃ©sie franÃ§aise (Ã©glise protestante maâ€™ohi depuis 2004). Les catholiques reprÃ©sentaient 13,3% et les autres Ã©glises rassemblaient Ã  peine 200 personnes, sur les 5058 habitants que comptait lâ€™Ã®le : 120 adventistes, 62 mormons (Ã©glise de JÃ©sus-Christ des saints des derniers jours) et 13 sanito (Ã©glise rÃ©organisÃ©e de JÃ©sus-Christ des saints des derniers jours). Pas de tÃ©moins de JÃ©hovah recensÃ©s, ni de pentecÃ´tistes, un seul Â« protestant dissident Â» et 1,5% de Â« sans religion Â».&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Aujourdâ€™hui, Moorea compte prÃ¨s de 15000 habitants (14163 selon le recensement de 2002), presque trois fois plus quâ€™en 1971. Câ€™est une Ã®le touristique, la seconde en termes de frÃ©quentation, derriÃ¨re Tahiti et devant Bora Bora : 61% des touristes en PolynÃ©sie franÃ§aise y passent au moins une nuit, soit environ 120000 visiteurs par an, essentiellement franÃ§ais et nord-amÃ©ricains. Câ€™est aussi une Ã®le qui a connu, comme lâ€™ensemble des Ã®les de PolynÃ©sie franÃ§aise, une diversification rapide des appartenances religieuses Ã  partir des annÃ©es 1980. &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Lâ€™album Â« Moorea, tour de lâ€™Ã®le Â»&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;, rÃ©alisÃ© avec Gwendoline Malogne-Fer en &lt;b&gt;fÃ©vrier 2007&lt;/b&gt;, donne un aperÃ§u de cette diversification Ã  travers sa partie la plus visible, la plus immÃ©diatement repÃ©rable : les lieux de culte publics qui jalonnent les 60 kilomÃ¨tres de route entourant lâ€™Ã®le.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; - PremiÃ¨re constatation, la croissance de certains villages oÃ¹ se concentrent Ã  la fois la population et les lieux de culte, comme Ã  Haapiti, sur la cÃ´te sud-est, qui compte 3463 au recensement de 2002 (1153 en 1977) et des Ã©glises de cinq confessions diffÃ©rentes, oÃ¹ dans la vallÃ©e de Pao Pao, au nord.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_EPM_papetoai.jpg&quot; alt=&quot;medium_EPM_papetoai.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;90&quot; width=&quot;121&quot; /&gt; - On note aussi la prÃ©dominance des &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#336600&quot;&gt;temples protestants&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;, les plus nombreux, Ã  quoi il faut ajouter les &lt;i&gt;fare â€˜amuiraâ€™a&lt;/i&gt;, lieux de rÃ©unions des sous-groupes paroissiaux (&lt;i&gt;â€˜amuiraâ€™a&lt;/i&gt;) organisÃ©s selon un dÃ©coupage territorial : on en compte entre deux et quatre par paroisse â€“ il y a cinq paroisses Ã  Moorea. La particularitÃ© du protestantisme Ã  Moorea tient Ã  lâ€™influence, plus forte ici quâ€™ailleurs, du renouveau thÃ©ologique et culturel diffusÃ© par la commission dâ€™animation thÃ©ologique de lâ€™EPM. Ces travaux thÃ©ologiques mettent lâ€™accent sur le retour Ã  la terre et Ã  la culture maâ€™ohi, quâ€™une tradition hÃ©ritÃ©e des premiers missionnaires a selon eux refoulÃ©es hors du protestantisme, niant ainsi lâ€™identitÃ© profonde (&lt;i&gt;iho tumu&lt;/i&gt;) des PolynÃ©siens. Ils se sont traduit concrÃ¨tement par lâ€™introduction de la cÃ©lÃ©bration de la sainte cÃ¨ne avec des Ã©lÃ©ments locaux comme le taro, le â€˜uru (fruit de lâ€™arbre Ã  pain) ou la noix de coco. Dâ€™autres innovations sont directement inspirÃ©es de cette rÃ©flexion thÃ©ologique et suscitent moins de rÃ©serves : lâ€™introduction dans le temple des instruments de musique, de fleurs ou lâ€™allÃ¨gement des vÃªtements portÃ©s par les pasteurs et des diacres (parÃ©o, chemises aux motifs polynÃ©siens au lieu de la veste occidentale). Les paroisses les plus engagÃ©es dans le renouveau thÃ©ologique et liturgique sont celles de Moorea&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;. Mais toutes les paroisses ne partagent pas cet engouement, comme celle de Haapiti oÃ¹ Ã  Papetoai, oÃ¹ cette question a conduit en 1999 Ã  une scission. Une partie des paroissiens de Papetoai (Moorea), qui refusaient que la sainte cÃ¨ne soit cÃ©lÃ©brÃ©e avec de lâ€™eau de coco et le fruit de lâ€™arbre Ã  pain, ont en effet quittÃ© lâ€™Ã©glise et rejoint un mouvement protestant dissident animÃ© par un pasteur de Raiatea dÃ©mis par lâ€™Ã©glise en 1995.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_mormons_afareiatu.jpg&quot; alt=&quot;medium_mormons_afareiatu.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;94&quot; width=&quot;126&quot; /&gt; - Ensuite, Ã  Moorea comme dans beaucoup dâ€™Ã®les, on remarque le nombre et lâ€™aspect rÃ©cent des &lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;&lt;b&gt;temples mormons&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, plus prÃ©cisÃ©ment ceux de lâ€™Ã©glise de JÃ©sus-Christ des saints des derniers jours. Il existe en effet en PolynÃ©sie franÃ§aise â€“ oÃ¹ les missions mormones se sont implantÃ©es dÃ¨s 1844, Ã  Tubuai (Ã®les Australes) puis aux Tuamotu â€“ deux Ã©glises mormones. La seconde, Ã©glise rÃ©organisÃ©e de JÃ©sus-Christ des saints des derniers jours, appelÃ©e couramment Â« sanito Â» (Â« saint Â») et qui se prÃ©sente aujourdâ€™hui sous le nom de Â« communautÃ© du Christ Â», se contente de lieux de culte modestes et privilÃ©gie les rÃ©unions Ã  domicile. Tandis que la premiÃ¨re (6,5% de la population polynÃ©sienne environ, contre 3,6% pour les sanito) multiplie les constructions et les rÃ©novations de temples. Le 22 novembre 2005, La DÃ©pÃªche de Tahiti titrait ainsi en une Â« Un milliard FCFP [8,4 millions dâ€™euros] investi en 2005, Mormons : toujours plus dâ€™Ã©glises Â».&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_temoins_haapiti.jpg&quot; alt=&quot;medium_temoins_haapiti.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;92&quot; width=&quot;124&quot; /&gt; - Si les Mormons Ã©taient dÃ©jÃ  prÃ©sents en 1971, deux nouveaux mouvements religieux ont depuis fait leur apparition Ã  Moorea : les &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;tÃ©moins de JÃ©hovah&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;, implantÃ©s en PolynÃ©sie franÃ§aise depuis la fin des annÃ©es 1950 et qui ont construit une salle du royaume Ã  Haapiti ; et les &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;pentecÃ´tistes&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;, avec une Ã©glise des assemblÃ©es de Dieu dans la vallÃ©e de Paopao. Ces assemblÃ©es, apparues officiellement en 1982 Ã  Tahiti, nâ€™ont lancÃ© des campagnes missionnaires Ã  Moorea que sept ans plus tard, en 1989. Entre-temps, des assemblÃ©es avaient ouvert aux Iles Sous-le-Vent Ã  Huahine (en 1984) et Ã  Raiatea en 1985. Mais lâ€™organisation de ces campagnes et lâ€™ouverture dâ€™Ã©glises dÃ©pend moins souvent de la proximitÃ© gÃ©ographique que des rÃ©seaux de relations disponibles : en 1989, câ€™est grÃ¢ce Ã  lâ€™invitation dâ€™une convertie frÃ©quentant lâ€™assemblÃ©e de Tahiti quâ€™une campagne missionnaire a pu Ãªtre organisÃ©e Ã  Moorea. Les premiÃ¨res conversions ont eu lieu Ã  Maatea, au sud de lâ€™Ã®le, oÃ¹ existe encore aujourdâ€™hui une cellule de maison, qui se rÃ©unit chaque semaine dans une salle amÃ©nagÃ©e prÃ¨s de la maison dâ€™un membre de lâ€™Ã©glise.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;- Aux lieux de culte visibles, il faudrait en effet ajouter, pour mesurer plus prÃ©cisÃ©ment la diversitÃ© religieuse Ã  Moorea, tous les endroits oÃ¹ se rÃ©unissent rÃ©guliÃ¨rement des groupes pentecÃ´tistes locaux, au sein des assemblÃ©es de Dieu comme Ã  Maatea ou en dehors dâ€™elles : on en compte au moins deux sur lâ€™Ã®le, animÃ©s par dâ€™anciens pasteurs des assemblÃ©es. Au-delÃ  du pentecÃ´tisme, plusieurs mouvements, peu importants, moins institutionnalisÃ©s ou plus discrets Ã©chappent eux aussi Ã  lâ€™observateur qui ne repÃ¨re que les lieux de culte publics. Câ€™est sans doute le cas de la foi bahÃ¡â€™Ã­. Ã€ lâ€™occasion dâ€™un dÃ©tour par Temae, au nord-ouest, on aperÃ§oit aussi un bÃ¢timent annonÃ§ant une assemblÃ©e du Â« Nouvel IsraÃ«l Â» (Iseraela Api). Dâ€™autres groupes, que les sociologues classent dans la catÃ©gorie des Â« nouveaux mouvements religieux (NMR) Â» ou Â« mystiques-esotÃ©riques Â», sont aussi prÃ©sents en PolynÃ©sie franÃ§aise et vraisemblablement Ã  Moorea : New Age, nÃ©o-hindouÃ¯sme, etc... sans oublier des groupes surveillÃ©s par les pouvoirs publics car considÃ©rÃ©s comme Â« sectaires Â» (Mandarom, scientologie, raÃ«liens notamment).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;*&lt;/b&gt; G. Malogne-Fer, 2006, Â« Lâ€™Ã©mergence dâ€™une thÃ©ologie de la libÃ©ration au sein de lâ€™Ã©glise Ã©vangÃ©lique de PolynÃ©sie franÃ§aise Â», The Pacific Journal of Theology (Fidji) nÂ°35, pp. 84 Ã  108.&lt;/div&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2006/11/26/organisations-missionnaires-evangeliques-en-oceanie.html</guid>
                <title>Organisations missionnaires Ã©vangÃ©liques en OcÃ©anie</title>
                <link>http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2006/11/26/organisations-missionnaires-evangeliques-en-oceanie.html</link>
                <author>noreply@ (Yann)</author>
                                                <category>Ã‰glises d'OcÃ©anie</category>
                                                <pubDate>Sun, 26 Nov 2006 21:30:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Depuis les annÃ©es 1960, la progression du protestantisme Ã©vangÃ©lique a empruntÃ©, en OcÃ©anie comme ailleurs, trois voies diffÃ©rentes :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_eton_congregation-436x322.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_eton_congregation-436x322.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt; - &lt;b&gt;Lâ€™apparition et le dÃ©veloppement de nouvelles Ã©glises&lt;/b&gt;. Celles-ci se rattachent Ã  des dÃ©nominations dâ€™envergure internationale, dâ€™origine amÃ©ricaine ou rÃ©gionale (Nouvelle-ZÃ©lande, Australie) ou sont des crÃ©ations locales indÃ©pendantes. Parmi les Ã©glises pentecÃ´tistes des Ã®les Salomon, par exemple, le &lt;i&gt;Christian Outreach Centre&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;Christian Revival Crusade&lt;/i&gt;, les AssemblÃ©es de Dieu ont des connections avec les organisations similaires en Australie ou aux Etats-Unis, qui leur envoient des prÃ©dicateurs, Ã©vangÃ©listes, aident Ã  la formation pastorale et apportent un soutien financier. Les doctrines prÃªchÃ©es dans ces Ã©glises suivent donc celles des organisations parentes. La plupart de ces Ã©glises sont regroupÃ©es au sein de la &lt;i&gt;Solomon Islands Full Gospel Association.&lt;/i&gt; Et puis il y a les Ã©glises dites &quot;indigÃ¨nes&quot;, qui sont dâ€™inspiration pentecÃ´tiste, ont des caractÃ©ristiques charismatiques (parler en langues et guÃ©rison notamment) et sont d'origine locale, sans rattachement Ã  des dÃ©nominations internationales ou Ã©trangÃ¨res : la &lt;i&gt;Christian Fellowship Association&lt;/i&gt;, par exemple.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; - Mais le protestantisme Ã©vangÃ©lique nâ€™a pas toujours besoin de nouvelles Ã©glises pour progresser. Beaucoup dâ€™Ã©glises protestantes ocÃ©aniennes, qui sont dâ€™ailleurs dans leur grande majoritÃ© issues de missions liÃ©es Ã  des rÃ©veils Ã©vangÃ©liques du 18Ã¨me siÃ¨cle (&lt;i&gt;London Missionary Society&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Wesleyan Methodist Mission Society&lt;/i&gt;) ont connu au cours des derniÃ¨res dÃ©cennies une progression en leur sein de &lt;b&gt;tendances Ã©vangÃ©liques, voire pentecÃ´tistes&lt;/b&gt;. Ainsi, les paroisses protestantes des Ã®les Cook (&lt;i&gt;Cook Island Christian Church&lt;/i&gt;) comptent aujourdâ€™hui une proportion considÃ©rable de &quot;born again Christians&quot; - parmi les paroissiens comme parmi les pasteurs, au point que le synode de lâ€™Ã©glise a dÃ» inscrire Ã  son ordre du jour la question du baptÃªme par immersion.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; - Enfin, la troisiÃ¨me voie par laquelle le protestantisme Ã©vangÃ©lique se diffuse en OcÃ©anie, ce sont &lt;b&gt;les organisations que lâ€™on appelle &quot;non-dÃ©nominationnelles&quot;&lt;/b&gt; ou encore &quot;trans-dÃ©nominationnelles&quot;, parce quâ€™elles sont indÃ©pendantes des Ã©glises. En voici une liste non exhaustive, Ã©tablie Ã  partir de mes recherches, des donnÃ©es recueillies par Manfred Ernst en 1994 (&lt;i&gt;Winds of Change&lt;/i&gt;) et dans le cadre du livre collectif quâ€™il a dirigÃ© plus rÃ©cemment (&lt;a href=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/actualites_scientifiques/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;i&gt;Globalization and the Re-shaping of Christianity in Oceania&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 2006).&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_gideons.jpeg&quot; alt=&quot;medium_gideons.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;34&quot; width=&quot;58&quot; /&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#003300&quot;&gt;Les GÃ©dÃ©ons&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; sont sans doute la plus ancienne des organisations Ã©vangÃ©liques aujourdâ€™hui actives dans le Pacifique. FondÃ©e en 1899, &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.gideons.org&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;The Gideons International&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; est une association dâ€™hommes dâ€™affaires et de cadres dâ€™origine amÃ©ricaine. Elle compte actuellement, selon ses propres estimations, plus de 250 000 membres et est prÃ©sente dans plus de 180 pays. Sa principale activitÃ© consiste Ã  distribuer gratuitement des bibles et le Nouveau Testament, notamment dans les hÃ´tels. 63 millions de livres distribuÃ©s chaque annÃ©e : si vous avez trouvÃ© un jour une bible dans le tiroir de la table de nuit de votre chambre dâ€™hÃ´tel, câ€™est sans doute aux GÃ©dÃ©ons que vous le devez ! En PolynÃ©sie franÃ§aise, lâ€™association des GÃ©dÃ©ons a Ã©tÃ© crÃ©Ã©e en 1987 par plusieurs membres des assemblÃ©es de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.yfci.org/yfci/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_youth.jpeg&quot; alt=&quot;medium_youth.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;48&quot; width=&quot;48&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.yfci.org/yfci/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#003300&quot;&gt;Youth for Christ (YFC)&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; &lt;font color=&quot;#003300&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;a Ã©tÃ© fondÃ©e en 1944 aux Etats-Unis, Ã  l'origine pour coordonner les efforts de jeunes organisateurs de &lt;i&gt;rallies&lt;/i&gt; Ã©vangÃ©liques au Canada, aux Ã‰tats-Unis et au Royaume Uni. Elle compte aujourdâ€™hui 4500 Ã©quipiers et 26000 bÃ©nÃ©voles, engagÃ©s dans des actions missionnaires dans plus de 100 pays. La crÃ©ation de cette organisation qui souhaitait impliquer les jeunes AmÃ©ricains dans un combat spirituel marquÃ© Ã  lâ€™origine par la Guerre Froide a ouvert la voie Ã  beaucoup dâ€™autres: Billy Graham a Ã©tÃ© un des premiers Ã©quipiers de &lt;i&gt;Youth for Christ&lt;/i&gt;, avant quâ€™il ne fonde en 1957 sa propre organisation (la &lt;i&gt;Billy Graham Evangelistic Association&lt;/i&gt;). YFC a Ã©galement soutenu la crÃ©ation de &lt;i&gt;World Vision&lt;/i&gt;. En OcÃ©anie, YFC a des bureaux permanents en Australie, en Nouvelle-ZÃ©lande, Ã  Fidji et aux Samoa.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_worldvision.jpeg&quot; alt=&quot;medium_worldvision.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;40&quot; width=&quot;66&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#003300&quot;&gt;&lt;b&gt;World Vision&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; a Ã©tÃ© fondÃ©e en 1950 par Bob Pierce, alors missionnaire amÃ©ricain en Asie. Il sâ€™agit dâ€™une ONG Ã©vangÃ©lique de lutte contre la pauvretÃ© et dâ€™aide Ã  lâ€™enfance dÃ©shÃ©ritÃ©e. En Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e, &lt;a href=&quot;http://www.wvi.org/wvi/home.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;World Vision&lt;/a&gt; se consacre principalement aux soins Ã©lÃ©mentaires, lâ€™eau, lâ€™hygiÃ¨ne, le dÃ©veloppement de micro-entreprises et de lâ€™agriculture, lâ€™alphabÃ©tisation. Elle intervient dans toute la rÃ©gion en apportant une aide humanitaire en cas de catastrophes naturelles. Elle est aussi active Ã  Tonga, Ã  Fidji et aux Ã®les Salomon.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_ywam.jpeg&quot; alt=&quot;medium_ywam.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;50&quot; width=&quot;62&quot; /&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#003300&quot;&gt;Jeunesse en Mission&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; (&lt;i&gt;Youth With a Mission&lt;/i&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.ywam.org&quot;&gt;YWAM&lt;/a&gt;), fondÃ©e en 1960 par un pasteur de jeunesse des assemblÃ©es de Dieu californiennes, Loren Cunningham, compte 16000 Ã©quipiers Ã  plein temps dans 173 pays. En 1967, une premiÃ¨re campagne dâ€™Ã©vangÃ©lisation en Nouvelle-ZÃ©lande lui a permis de sâ€™implanter en OcÃ©anie, en recrutant des missionnaires parmi les Pakeha (NÃ©o-zÃ©landais dâ€™origine europÃ©enne) des Ã©glises protestantes et parmi les communautÃ©s polynÃ©siennes, notamment dans le quartier de Ponsonby Ã  Auckland. Ces derniers ont contribuÃ© au cours des dÃ©cennies suivantes au dÃ©veloppement de YWAM dans lâ€™ensemble des Ã®les du Pacifique. Deux Ã©lÃ©ments ont en outre favorisÃ© ce dÃ©veloppement :&lt;br /&gt; - Lâ€™ouverture en 1978 dâ€™une universitÃ© (&lt;i&gt;Pacific and Asia Christian University&lt;/i&gt;, rebaptisÃ©e en 1988 UniversitÃ© des nations aprÃ¨s quâ€™elle ait ouvert dâ€™autres campus dans le monde) sur lâ€™Ã®le de Kona (Big Island, Hawaii).&lt;br /&gt; - Le ministÃ¨re &lt;i&gt;Island Breeze&lt;/i&gt;, fondÃ© en 1979 par le Samoan Sosene Leâ€™au, qui vise Ã  rÃ©habiliter des traits culturels polynÃ©siens tels que les danses comme expression lÃ©gitime de la foi chrÃ©tienne et moyen dâ€™Ã©vangÃ©lisation.&lt;br /&gt; Outre ses programmes dâ€™activitÃ©s tournÃ©es vers la jeunesse, YWAM est aussi prÃ©sente dans le Pacifique par le biais de lâ€™action humanitaire, avec des bateaux dâ€™assistance (&lt;i&gt;Mercy Ships&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Marine Reach&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ccci.org/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_campus.jpeg&quot; alt=&quot;medium_campus.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;54&quot; width=&quot;43&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ccci.org/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Campus Crusade for Christ&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est nÃ©e en 1951 sur le campus de lâ€™&lt;i&gt;University of California&lt;/i&gt; Ã  Los Angeles (UCLA), sous lâ€™impulsion de Bill et Vonette Bright. Câ€™est aujourdâ€™hui lâ€™une des quatre plus grandes associations missionnaires amÃ©ricaines, prÃ©sente dans prÃ¨s de deux cents pays. Elle a notamment produit et diffusÃ© le film &lt;i&gt;Jesus&lt;/i&gt;, traduit dans plus de 130 langues et diffusÃ© dans plusieurs Ã®les du Pacifique. Outre la Nouvelle-ZÃ©lande et lâ€™Australie, elle a des bureaux permanents en Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e, au Vanuatu, Ã  Fidji, Ã  Tonga et aux Ã®les Salomon.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.wycliffe.org&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_logoa.gif&quot; alt=&quot;medium_logoa.gif&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;28&quot; width=&quot;73&quot; /&gt;&lt;b&gt;Wycliffe Bible Translators International&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;. Sachant que lâ€™OcÃ©anie compte pour un tiers des 6000 Ã  6500 langues parlÃ©es dans le monde, il nâ€™y a rien dâ€™Ã©tonnant Ã  ce que lâ€™association Wycliffe y ait dÃ©ployÃ© son activitÃ©, qui porte essentiellement sur la traduction de la Bible en langues locales. Cette organisation a Ã©tÃ© fondÃ©e en 1930 et a pris le nom de John Wycliffe, premier traducteur de la Bible en anglais. En 1992, M. Ernst notait des activitÃ©s en Nouvelle-CalÃ©donie, PolynÃ©sie franÃ§aise, au Vanuatu, aux Ã®les Salomon, en Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e et en MicronÃ©sie.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Ã‰mergence de rÃ©seaux rÃ©gionaux : lâ€™assemblÃ©e de priÃ¨re du Pacifique&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; NÃ©es en 1991, avec une premiÃ¨re rÃ©union aux Ã®les Salomon, les assemblÃ©es de priÃ¨re sont un mouvement rÃ©gional qui regroupe chaque annÃ©e des dÃ©lÃ©gations du Pacifique et des Ã©glises chrÃ©tiennes du pays dâ€™accueil afin de prier Â« pour les nations Â», dans un combat spirituel en faveur de la paix, de la rÃ©conciliation et pour une gouvernance inspirÃ©e par les principes chrÃ©tiens. Ses animateurs sont issus aussi bien des courants Ã©vangÃ©liques des Ã©glises protestantes historiques que des Ã©glises Ã©vangÃ©liques et pentecÃ´tistes, des Ã®les du Pacifique et des communautÃ©s polynÃ©siennes de Nouvelle-ZÃ©lande. En 1998, la 8Ã¨me assemblÃ©e sâ€™est dÃ©roulÃ©e Ã  Tonga, en prÃ©sence du roi et des reprÃ©sentants des Ã©glises pentecÃ´tistes, mais aussi catholiques, anglicanes et adventistes. En 2003, les participants Ã  la 13Ã¨me assemblÃ©e ont Ã©tÃ© accueillis au Parlement du Vanuatu. En 2004, la 14Ã¨me assemblÃ©e a eu lieu Ã  Tahiti et a Ã©tÃ© prÃ©cÃ©dÃ©e dâ€™une marche pour JÃ©sus (le mouvement &lt;i&gt;Global March for Jesus&lt;/i&gt;, qui&amp;nbsp; a Ã©tÃ© lancÃ© en 1987 Ã  Londres par plusieurs leaders Ã©vangÃ©liques, dont le reprÃ©sentant local de YWAM, est aujourdâ€™hui un mouvement mondial).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#660000&quot;&gt;Photo : mission au Vanuatu (www.bvbid.org/Vanuatu.htm).&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Sea, church and sun : tourisme et religion en PolynÃ©sie</title>
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                <author>noreply@ (Yann)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 03 Nov 2006 06:25:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_touriste-eglise.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_touriste-eglise.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Le dÃ©veloppement du tourisme de masse, Ã  partir des dÃ©cennies 1950-1960, a suscitÃ© chez les responsables dâ€™Ã©glises ou dâ€™organisations missionnaires des rÃ©actions souvent inquiÃ¨tes, voire hostiles, mais aussi des influences croisÃ©es et des espoirs plus ou moins rÃ©alistes. Petit tour dâ€™horizon des relations compliquÃ©es entre touristes et Ã©glises dans les Ã®les polynÃ©siennes.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Du touriste au pÃ¨lerin ? Les Ã©glises entre hostilitÃ© et espoir&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En 1969, le conseil Å“cumÃ©nique des Ã©glises organisait une confÃ©rence mondiale sur le tourisme, qui a constituÃ© un premier repÃ¨re, avant que ne se mette en place, en 1982, la coalition Å“cumÃ©nique sur le tourisme, l'&lt;a href=&quot;http://www.ecotonline.org/Pages/HomePagelist.asp&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ECOT&lt;/a&gt; ou ECTWT (&lt;i&gt;Ecumenical Coalition on Third World Tourism&lt;/i&gt;). La &lt;i&gt;Pacific Conference of Churches&lt;/i&gt;, qui rassemble les Ã©glises chrÃ©tiennes historiques du Pacifique (protestantes et catholique) en fait bien sÃ»r partie et ses prises de position, comme celles des Ã©glises membres, suivent gÃ©nÃ©ralement les mÃªmes orientations que celles de lâ€™ECOT. Celle-ci, Ã  lâ€™occasion de la journÃ©e mondiale du tourisme, le 27 septembre 2006, a une nouvelle fois affirmÃ© un point de vue extrÃªmement critique sur lâ€™industrie touristique : un Â« big business Â», une entreprise de domination et dâ€™exploitation des communautÃ©s locales et de leur environnement. Â« Ce sont les pays riches qui dictent les paramÃ¨tres du secteur Â», Ã©crit-elle, Â« la libÃ©ralisation du secteur du tourisme est potentiellement dÃ©sastreuse et nâ€™est pas la bonne voie pour faire du tourisme une activitÃ© Ã©conomique soutenable Â». Pourtant, un autre tourisme est possible, Â« fondÃ© sur ce qui bÃ©nÃ©ficie aux populations, qui protÃ¨ge leur intÃ©gritÃ© Â». Dans &lt;a href=&quot;http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/migrants/pom2004_96-suppl/rc_pc_migrants_pom96-suppl_solomon.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;un texte de dÃ©cembre 2004&lt;/a&gt;, le directeur exÃ©cutif de lâ€™ECOT, Ranjan Solomon, rÃªvait dâ€™un touriste qui se convertiraitâ€¦en pÃ¨lerin :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt;Â« Quand des relations justes sâ€™Ã©tablissent dans le tourisme entre rÃ©alisation et responsabilitÃ© sociale, alors le tourisme agit comme un acte de pÃ¨lerinage au service de la population et de la nature. Car un pÃ¨lerin nâ€™est pas un simple touriste. Trois points de distinction me paraissent pertinents :&lt;br /&gt; - Le pÃ¨lerin sâ€™avance avec sensibilitÃ© sur la Terre SacrÃ©e et les espaces oÃ¹ il entre â€“ le touriste a tendance Ã  piÃ©tiner cet espace sacrÃ©.&lt;br /&gt; - Le pÃ¨lerin respecte ses hÃ´tes et acceptent leurs coutumes, essaie dâ€™apprendre dâ€™eux tout en offrant de partager ses propres coutumes. Le touriste voit souvent les coutumes de son hÃ´te comme un bon produit quâ€™il vaut mieux rÃ©server au spectacle du Â« evening show Â» !&lt;br /&gt; - Le pÃ¨lerin est humble et a la patience dâ€™attendre, pour faire les choses, que son hÃ´te soit prÃªt Ã©galement. Le touriste peut Ãªtre pressÃ©, hÃ¢tif et mÃªme arrogant. Â»&lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt;&amp;nbsp;&lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;En PolynÃ©sie franÃ§aise, l'Ã©glise protestante historique (Ã©glise Ã©vangÃ©lique de PolynÃ©sie franÃ§aise, devenue en 2004 Ã©glise protestante ma'ohi) s'est Ã©levÃ©e Ã  plusieurs reprises contre ce qu'elle considÃ¨re comme les effets nÃ©fastes du tourisme : mauvaise influence sur les moeurs locales (alcoolisme, sexualitÃ© dÃ©bridÃ©e et prostitution, jeux d'argent), vente des terres et dÃ©gradation de l'environnement. Pour autant, si les paroisses comme Tiroama Ã  Papeete (mentionnÃ©e par tous les guides touristiques), apprÃ©cient modÃ©rÃ©ment que des touristes en short s'installent le dimanche matin dans le temple, appareil photo en bandouliÃ¨re, pour &quot;visiter&quot; les &lt;i&gt;mamas&lt;/i&gt; en robe et chapeau et Ã©couter les chants polynÃ©siens traditionnels, dans d'autres paroisses, il n'est pas rare que le pasteur prÃ©voit quelques mots de bienvenue, en franÃ§ais ou en anglais, pour des visiteurs qui sont aussi parfois des protestants (notamment amÃ©ricains).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Tourisme et thÃ©ologie de la culture Ã  Moorea&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Gwendoline Malogne-Fer a consacrÃ© la derniÃ¨re partie de &lt;a href=&quot;http://actualites.ehess.fr/nouvelle1009.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;sa thÃ¨se de doctorat&lt;/a&gt; aux Ã©volutions thÃ©ologiques rÃ©centes de lâ€™Ã©glise protestante polynÃ©sienne historique. Elle sâ€™y intÃ©resse notamment aux circonstances qui ont fait de lâ€™Ã®le de Moorea, troisiÃ¨me destination touristique de PolynÃ©sie franÃ§aise aprÃ¨s Tahiti et Bora Bora, un haut lieu dâ€™une thÃ©ologie culturelle axÃ©e sur la terre et la langue maâ€™ohi. Ainsi, câ€™est Ã  Moorea que lâ€™on a le plus de chance dâ€™assister Ã  une cÃ©lÃ©bration de la cÃ¨ne recourant non au pain et au vin mais Ã  la chair et Ã  lâ€™eau du coco ou au â€˜uru (fruit de lâ€™arbre Ã  pain). La diffusion de cette Â« cÃ¨ne maâ€™ohi Â» dans la plupart des paroisses de cette Ã®le, note-t-elle, est en partie due Ã  Â« la prÃ©sence de touristes anglophones dans les paroisses de Moorea (et tout particuliÃ¨rement dans le temple de Papetoai, souvent citÃ© dans les guides touristiques) [qui] a incitÃ© lâ€™Ã©glise Ã  envoyer sur lâ€™Ã®le des pasteurs maÃ®trisant lâ€™anglais, câ€™est-Ã -dire dans les faits, des pasteurs ayant poursuivi leurs Ã©tudes thÃ©ologiques au &lt;i&gt;Pacific Theological College&lt;/i&gt; Ã  Fidji, oÃ¹ ils ont pu se familiariser avec les enseignements de la thÃ©ologie du coco&quot;.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;On peut aussi penser que la forte demande de mise en spectacle de la culture locale exprimÃ©e par l'industrie touristique a contribuÃ© Ã  ce renouveau culturel, en suscitant par exemple la formation d'associations de danse et en valorisant - mÃªme sous une forme stÃ©rÃ©otypÃ©e - l'identitÃ© culturelle polynÃ©sienne. Toutefois, on n'observe pas une dynamique comparable dans l'Ã®le de Bora Bora, oÃ¹ le tourisme domine beaucoup nettement l'Ã©conomie et la vie de l'Ã®le (Moorea est aussi une Ã®le agricole, qui produit notamment des ananas et compte une usine de jus de fruits).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_luau1.jpg&quot; alt=&quot;medium_luau1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;40&quot; width=&quot;162&quot; /&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_luau2.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_luau2.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;40&quot; width=&quot;165&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_luau3.3.jpg&quot; alt=&quot;medium_luau3.3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; height=&quot;40&quot; width=&quot;152&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Island Breeze, &quot;rÃ©demption des cultures&quot; et lu'au Ã  Hawaii&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Les relations croisÃ©es entre tourisme et christianisme sont encore plus nettes dans le cas de &lt;a href=&quot;http://www.islandbreezeluau.com/luau.php&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Island Breeze&lt;/a&gt;, un ministÃ¨re de l'organisation internationale &lt;i&gt;Youth With a Mission&lt;/i&gt; (YWAM, d'orientation Ã©vangÃ©lique et charismatique) fondÃ© en 1979 par le Samoan Sosene Le'au avec d'autres Ã©tudiants de l'universitÃ© hawaiienne de YWAM (Kona, Big Island). Il s'agissait de revendiquer la &quot;rÃ©demption&quot; d'expressions culturelles polynÃ©siennes tenues, depuis l'Ã©poque missionnaire, Ã  l'Ã©cart du temple par les Ã©glises protestantes historiques - la danse en particulier - pour en faire une forme lÃ©gitime de louange chrÃ©tienne et un instrument d'Ã©vangÃ©lisation. A travers l'organisation de spectacles et de formations, Island Breeze a repris trÃ¨s largement les modes de mise en spectacle des cultures polynÃ©siennes dÃ©veloppÃ©es par l'industrie touristique, tout comme elle a fait sienne l'idÃ©e que le tourisme est un formidable vecteur de rencontres et d'Ã©changes interculturels. Ses spectacles cÃ©lÃ¨brent la diversitÃ© des cultures polynÃ©siennes en mettant en scÃ¨ne des danses et des chorÃ©graphies facilement identifiables : hula hawaienne, danse du feu samoane, aka des Maori de Nouvelle-ZÃ©lande, tamure tahitien.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Island Breeze prÃ©sente deux versants que l'on aurait pu penser inconciliables : d'un cÃ´tÃ© une contribution indÃ©niable Ã  des mobilisations culturelles en PolynÃ©sie et une revalorisation de la culture en milieu protestant Ã©vangÃ©lique ; de l'autre une entreprise hawaiienne d' &quot;entertainement&quot;. Car si dans d'autres pays, comme en &lt;a href=&quot;http://www.islandbreeze.org.nz/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Nouvelle-ZÃ©lande&lt;/a&gt;, Island Breeze se concentre&amp;nbsp; sur la formation et l'Ã©vangÃ©lisation, chaque semaine Ã  Kona les touristes se pressent au &lt;a href=&quot;http://www.konabeachhotel.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;i&gt;King Kamehamehaâ€™s Kona Beach Hotel&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pour assister Ã  la lu'au de Island Breeze Productions, une soirÃ©e dÃ®ner-spectacle animÃ©e depuis plus de vingt ans par des danseurs qui sont aussi des missionnaires de YWAM.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_CICC_Matavera.2.JPG&quot; alt=&quot;medium_CICC_Matavera.2.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;b&gt;A Rarotonga (Ã®les Cook) : le touriste, futur converti ?&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;La &lt;i&gt;Cook Island Christian Church&lt;/i&gt; n'organise pas de dÃ®ner-spectacle pour les nombreux touristes qui visitent chaque annÃ©e Rarotonga, l'Ã®le principale des Ã®les Cook (petit Ã‰tat polynÃ©sien associÃ© Ã  la Nouvelle-ZÃ©lande), mais plusieurs de ses pasteurs nourrissent l'espoir que leur intÃ©rÃªt pour la culture locale conduise finalement quelques touristes Ã  la conversion. A Rarotonga, assister au culte dominical de cette Ã©glise protestante historique (et largement majoritaire) est une activitÃ© touristique Ã  part entiÃ¨re et cette prÃ©sence Ã©trangÃ¨re - parfois importante, notamment au temple d'Avarua, la capitale - ne rebute pas les pasteurs. Au contraire ! Ils n'oublient jamais de traduire une partie au moins de leur prÃ©dication en anglais, ce qui permet aux plus jeunes de suivre (la pratique de la langue polynÃ©sienne Ã©tant en fort recul) mais aussi de s'adresser Ã  ces touristes occidentaux venus de pays oÃ¹, vu de PolynÃ©sie, le christianisme n'est plus ce qu'il Ã©tait Ã  l'Ã©poque de la &lt;i&gt;London Missionnary Society&lt;/i&gt; (la LMS qui contribua Ã  la christianisation des Ã®les polynÃ©siennes au 19Ã¨me siÃ¨cle). Convertir les touristes, c'est donc engager, comme le revendiquent aujourd'hui plusieurs organisations Ã©vangÃ©liques en OcÃ©anie, un &quot;reversing process&quot; qui verra un jour les &quot;extrÃ©mitÃ©s de la terre&quot; re-christianiser l'Occident, aux cÃ´tÃ©s des missions africaines et asiatiques dÃ©jÃ  Ã  l'oeuvre. C'est aussi perpÃ©tuer un esprit missionnaire qui du 19Ã¨me jusqu'aux annÃ©es 1980 a poussÃ© plusieurs &lt;i&gt;Cook Islanders&lt;/i&gt; Ã  partir Ã©vangÃ©liser les Ã®les mÃ©lanÃ©siennes (Papouasie Nouvelle-GuinÃ©e et salomon en particulier).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;A Rurutu (Ã®les Australes), voyage organisÃ© au pays de la tradition protestante&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Dans un article publiÃ© par la revue &lt;a href=&quot;http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;amp;obj=article&amp;amp;no=2790&amp;amp;motExact=0&amp;amp;motcle=rurutu&amp;amp;mode=AND&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;GÃ©ographie et Cultures&lt;/a&gt; en 2004, G. Malogne-Fer et moi nous Ã©tions intÃ©ressÃ©s aux enjeux du dÃ©veloppement touristique sur l'&lt;a href=&quot;http://www.tahiti-tourisme.pf/articles.php?id=295&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Ã®le de Rurutu&lt;/a&gt;, dans l'archipel des Australes (PolynÃ©sie franÃ§aise) et Ã  cette Â«mise en fiction du mondeÂ» dÃ©veloppÃ©e par lâ€™industrie moderne du tourisme, qui voit Â« la conversion des uns en spectateurs et des autres en spectacleÂ», selon les&amp;nbsp; termes de Marc AugÃ© (&lt;i&gt;Lâ€™impossible voyage, le tourisme et ses images&lt;/i&gt;, Rivages, Paris, 1997). SuscitÃ© par la prÃ©sence rÃ©guliÃ¨re de baleines Ã  bosses, ce dÃ©veloppement touristique fondÃ© essentiellement sur des pensions de famille, en dÃ©pit de ses proportions encore modestes, n'est pas sans effet sur la reprÃ©sentation de l'Ã®le et de sa culture que donnent Ã  voir ses habitants, y compris dans le domaine religieux. Rurutu est en effet connue, comme les Ã®les Australes dans leur ensemble, pour Ãªtre une terre de tradition protestante, les voyagistes n'hÃ©sitant parfois pas Ã  prÃ©tendre, comme le faisait il y a quelques annÃ©es une campagne d'Air&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_rurutu_landsby.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_rurutu_landsby.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; /&gt; Tahiti, que le temps s'y est &quot;arrÃªtÃ©&quot;, permettant ainsi aux touristes de visiter, sans avoir Ã  inventer une machine Ã  remonter le temps, &quot;la PolynÃ©sie d'autrefois&quot;. Dans cette fiction polynÃ©sienne et touristique, le protestantisme occupe donc une place centrale et plusieurs Ã©vÃ©nements religieux sont aussi prÃ©sentÃ©s comme des attractions touristiques : le &lt;i&gt;me&lt;/i&gt;, collecte annuelle de l'Ã©glise et la visite des maisons, rituel instaurÃ© au 19Ã¨me siÃ¨cle par les missionnaires pour s'assurer de la bonne marche de la &quot;civilisation&quot; (entretien de la maison, objets tressÃ©s et dÃ©coration, toilettes extÃ©rieures, etc.) qui attire aujourd'hui autant de paroissiens que de touristes, trop heureux de pouvoir Ã  cette occasion pÃ©nÃ©trer l'intimitÃ© de la culture rurutu - oÃ¹ plutÃ´t celle des quelques maisons dont les propriÃ©taires acceptent encore d'ouvrir les portes.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#660066&quot;&gt;(Photos, de haut en bas : cathÃ©drale de Papeete, &lt;a href=&quot;http://www.ville-papeete.pf/news.php?id=118&quot; target=&quot;_top&quot;&gt;www.ville-papeete.pf&lt;/a&gt; ; Island Breeze Productions ; G. Malogne-Fer ;&amp;nbsp; www.sydhav.no)&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Louis Levant, itinÃ©raire dâ€™un pasteur pentecÃ´tiste en OcÃ©anie franÃ§aise</title>
                <link>http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2006/10/22/louis-levant-de-la-nouvelle-caledonie-a-la-polynesie-francai.html</link>
                <author>noreply@ (Yann)</author>
                                                <category>Ã‰glises d'OcÃ©anie</category>
                                                <pubDate>Sun, 22 Oct 2006 11:55:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_louis2.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_louis2.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Il y a une semaine, le 14 octobre, le pasteur Louis Levant, ancien prÃ©sident des assemblÃ©es de Dieu de PolynÃ©sie franÃ§aise et pasteur de lâ€™Ã©glise dâ€™Orovini Ã  Papeete, quittait Tahiti pour retourner vivre dans son pays dâ€™origine, la Nouvelle-CalÃ©donie. ArrivÃ© en PolynÃ©sie franÃ§aise en 1979, il a jouÃ© pendant 27 ans un rÃ´le de tout premier plan dans lâ€™Ã©mergence et la structuration de cette Ã©glise, si bien que reprendre les principales Ã©tapes de son parcours, câ€™est aussi revisiter lâ€™histoire du pentecÃ´tisme polynÃ©sien. Je nâ€™en reprendrai ici que quelques-unes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Vietnamien du pays minier nÃ©o-calÃ©donien&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; NÃ© de parents vietnamiens, venus de lâ€™Indochine franÃ§aise pour travailler dans les mines de nicklel, de chrome et de manganÃ¨se en Nouvelle-CalÃ©donie, Louis Levant a grandi dans une famille de 14 enfants, installÃ©e Ã  400 kilomÃ¨tres au nord de NoumÃ©a. Comme ses parents, il frÃ©quente alors lâ€™Ã©glise catholique. Â« La prÃ©occupation premiÃ¨re de mes parents, câ€™Ã©tait de survivre Â», me disait-il lors dâ€™un entretien en janvier 2001. Â« Mes parents travaillaient dans les mines, ils avaient un numÃ©ro, câ€™Ã©tait peut-Ãªtre plus facile pour le contremaÃ®tre. Ils ont travaillÃ© sur les mines de nickel, ils ont achetÃ© un petit bouiboui et avec les Ã©conomies aprÃ¨s, Ã§a sâ€™est agrandi, le petit bouiboui est devenu un magasin Â».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;MobilitÃ© individuelle et conversion&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; En 1970, Louis Levant part Ã  Montpellier pour suivre des Ã©tudes de droit. Â« Ã€ cette Ã©poque, dit-il, je croyais en Dieu, câ€™est vrai, mais ma seule prÃ©occupation, câ€™Ã©tait de finir mes Ã©tudes, je voulais faire haute administration ou barreau, avec un ami mÃ©lanÃ©sien. Â» Câ€™est lÃ  quâ€™il se convertit au pentecÃ´tisme, des circonstances que lâ€™on retrouve trÃ¨s frÃ©quemment dans les itinÃ©raires pentecÃ´tistes : une mobilitÃ© sociale et gÃ©ographique qui Ã©loigne du milieu familial et renforce la conviction quâ€™il faut par soi-mÃªme trouver le moyen de Â« faire sa vie Â» ; la rencontre avec des jeunes qui vivent le christianisme non comme un hÃ©ritage obligÃ© mais un engagement personnel. Ã€ la mÃªme Ã©poque, lâ€™organisation Youth With a Mission (Jeunesse en Mission) recrute, dans le quartier polynÃ©sien de Ponsonby Ã  Auckland, de futurs Â« Ã©quipiers Â» parmi la jeune gÃ©nÃ©ration polynÃ©sienne nÃ©e en Nouvelle-ZÃ©lande ou venue y Ã©tudier. Exode rural, migrations internationales, mobilitÃ© sociale : le pentecÃ´tisme est dâ€™abord une religion de la mobilitÃ©.&lt;br /&gt; A Montpellier, Louis Levant rencontre des Ã©tudiants pentecÃ´tistes qui distribuent des bibles au restaurant universitaire. Il accepte leur invitation pour des rÃ©unions de jeunesse et de priÃ¨re oÃ¹ lâ€™on parle de guÃ©risons, de vies transformÃ©es puis rejoint une petite Ã©glise pentecÃ´tiste de la rÃ©gion.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Missions pentecÃ´tistes dans le Pacifique francophone et protestantisme chinois&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Lâ€™action missionnaire des assemblÃ©es de Dieu franÃ§aises, qui sâ€™organise Ã  partir de 1955 (les assemblÃ©es elles-mÃªmes sont crÃ©Ã©es en 1932) se concentre sur les colonies franÃ§aises, qui accÃ¨dent Ã  lâ€™indÃ©pendance au cours des annÃ©es 1960, et sur les DOM-TOM : Gabon, Haute-Volta, CÃ´te dâ€™Ivoire, ancienne Indochine, la RÃ©union. Elle est prÃ©sente dÃ¨s 1955 en Nouvelle-CalÃ©donie. Mais son implantation en PolynÃ©sie franÃ§aise est beaucoup plus tardive et emprunte des chemins dÃ©tournÃ©s (cf. article &lt;a href=&quot;http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00067765/en/&quot;&gt;Â« Une histoire hakka Â»&lt;/a&gt;) : câ€™est dâ€™abord au sein de la communautÃ© chinoise de Tahiti, sous lâ€™impulsion dâ€™un Ã©vangÃ©liste sino-amÃ©ricain, que le pentecÃ´tisme y apparaÃ®t en 1967.&lt;br /&gt; En 1979, lorsque Louis Levant, devenu pasteur des assemblÃ©es, est appelÃ© en PolynÃ©sie franÃ§aise pour seconder Roger Albert, il rejoint donc une Ã©glise chinoise, lâ€™Ã©glise AllÃ©luia dont Roger Albert est le pasteur depuis 1975. Son arrivÃ©e est liÃ©e Ã  une crise survenue entre missionnaires franÃ§ais, sur une question essentielle et qui dÃ©terminera toute lâ€™histoire du pentecÃ´tisme polynÃ©sien : faut-il crÃ©er des Ã©glises communautaires, regroupant sÃ©parÃ©ment les Chinois, les PolynÃ©siens, les Popaâ€™a (EuropÃ©ens, blancs) ou une seule Ã©glise transculturelle ?&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Le pasteur RÃ©aux, ancien missionnaire en Afrique, penche pour la premiÃ¨re solution. DÃ©savouÃ© par la direction des missions, il crÃ©e lâ€™Ã©glise Morija, qui sâ€™Ã©teint en 1986. Devenu pasteur dâ€™AllÃ©luia, Louis Levant â€“ comme Roger Albert â€“ refuse tout repli communautaire, quâ€™il considÃ¨re comme une forme de Â« racisme Â» et lance des campagnes dâ€™Ã©vangÃ©lisation qui, en amenant Ã  AllÃ©luia des PolynÃ©siens de toutes origines, entraÃ®neront son licenciement en 1982.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Les assemblÃ©es de Dieu polynÃ©siennes sont donc nÃ©es de cette rupture entre la direction dâ€™AllÃ©luia et Louis Levant qui, suivi par 80% des fidÃ¨les environ, a lancÃ© Ã  cette Ã©poque, dans la vallÃ©e de Titioro, la premiÃ¨re assemblÃ©e. Les annÃ©es 1980 et 1990 ont vu lâ€™essor rapide de cette Ã©glise, Ã  Tahiti (Papeete, presquâ€™Ã®le de Taravao) puis dans les Ã®les. Dans le mÃªme temps, elle reste perÃ§ue par beaucoup de PolynÃ©siens comme une affaire de Chinois, Â« les AllÃ©luia Â» : jusque dans les annÃ©es 2000, on entend dire que Â« ce sont des Vietnamiens qui font Ã§a Â» (le beau-frÃ¨re de Louis Levant, Albert Richardson, lâ€™a rejoint en tant que missionnaire, mais lâ€™Ã©glise compte dÃ©sormais plusieurs pasteurs locaux).&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Pasteur Levant sur RTV&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Sous la prÃ©sidence de Louis Levant, les assemblÃ©es de Dieu ont crÃ©Ã© plusieurs associations de jeunesse, installÃ© des Ã©quipes dâ€™aumÃ´nerie Ã  lâ€™hÃ´pital et Ã  la prison. Mais aucune de ces initiatives nâ€™a eu un impact comparable Ã  celui de la station de radio ouverte en 1997, te vevo o te tiaturiraâ€™a (RTV, la Â« radio de lâ€™espoir Â»), premiÃ¨re radio chrÃ©tienne en PolynÃ©sie franÃ§aise (&lt;font color=&quot;#660000&quot;&gt;1&lt;/font&gt;). En 2000, un sondage Louis Harris estimait Ã  plus de 30000 le nombre de personnes qui connaissent RTV dans les Ã®les Sous-le-Vent et entre 4400 et 7700 le nombre de ses auditeurs tout au long de la semaine.&lt;br /&gt; Parfois surnommÃ© Â« pasteur gadget Â» par les fidÃ¨les, pour son goÃ»t immodÃ©rÃ© des innovations technologiques, Louis Levant sâ€™est beaucoup investi dans cette entreprise qui lui a ouvert les portes de beaucoup de foyers polynÃ©siens, bien au-delÃ  des murs de son Ã©glise : dans leur voiture, au bureau, Ã  la maison, des PolynÃ©siens protestants, adventistes ou catholiques Ã©coutent Â« Levant, le matin sur RTV Â». Jusque dans les bureaux de lâ€™Ã©glise protestante maâ€™ohi, on entend RTV, qui ne se prÃ©sente jamais comme la radio des assemblÃ©es (ce quâ€™elle est, objectivement) mais comme une radio Â« chrÃ©tienne Â».&lt;br /&gt; Or, ce type de mÃ©dia entretient des affinitÃ©s Ã©videntes avec les attentes contemporaines vis-Ã -vis de la religion : une expÃ©rience personnelle, quelque chose de Â« spirituel mais pas religieux Â» que lâ€™on peut construire en partie par soi-mÃªme en dehors de lâ€™autoritÃ© institutionnelle, en lisant les livres des Ã©vangÃ©liques nord-amÃ©ricains, en Ã©coutant la radio ou en assistant aux concerts organisÃ©s par RTV â€“ le quÃ©bÃ©cois &lt;a href=&quot;http://www.lucdumont.com&quot;&gt;Luc Dumont&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.exogroupe.com&quot;&gt;Exo&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;A suivreâ€¦&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; En 2004, le pasteur Ã‰ric Barber a succÃ©dÃ© Ã  Louis Levant Ã  la prÃ©sidence des assemblÃ©es. De mÃ¨re polynÃ©sienne, câ€™est avant tout un Ã©vangÃ©liste, Ã  lâ€™initiative des missions lancÃ©es depuis 2000 aux Ã®les Marquises, tandis que Louis Levant serait plutÃ´t un Â« pasteur-berger Â», davantage tournÃ© vers lâ€™accompagnement des membres de lâ€™Ã©glise que vers la conquÃªte de nouveaux membres. Louis Levant a choisi de suivre des formations Ã  lâ€™Ã©glise &lt;a href=&quot;http://www.nouvellevie.com&quot;&gt;Nouvelle Vie de Longueuil&lt;/a&gt;, une mÃ©ga-Ã©glise de la banlieue de MontrÃ©al avec laquelle il entretient depuis plusieurs annÃ©es des relations suivies et qui est aussi un des pÃ´les majeurs dâ€™innovation au sein du pentecÃ´tisme francophone. Un pÃ´le qui contrebalance notamment lâ€™orientation trÃ¨s conservatrice des assemblÃ©es de Dieu franÃ§aises et diffuse en particulier les mÃ©thodes du counseling ou psychologie chrÃ©tienne â€“ un secteur qui connaÃ®t au sein du protestantisme Ã©vangÃ©lique un engouement considÃ©rable.&lt;br /&gt; Louis Levant a rejoint les assemblÃ©es nÃ©o-calÃ©doniennes, historiquement proches des assemblÃ©es franÃ§aises du nord de la France (plus conservatrices quâ€™au Sud), afin de participer Ã  la formation des pasteurs et Ã  la mise en place dâ€™un rÃ©seau pentecÃ´tiste francophone dans le Pacifique. Une raison supplÃ©mentaire pour entreprendre lâ€™Ã©tude sociologique du pentecÃ´tisme et plus largement du protestantisme Ã©vangÃ©lique nÃ©o-calÃ©donien qui, comme je le soulignais dans &lt;a href=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2006/07/index.html&quot;&gt;une note en juillet dernier&lt;/a&gt;, reste Ã  faire.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#660000&quot;&gt;1. Il y a aujourd'hui en PolynÃ©sie franÃ§aise quatre stations de radio crÃ©Ã©es par des Ã©glises : l'Ã©glise adventiste du septiÃ¨me jour, l'Ã©glise catholique et, depuis peu, l'Ã©glise protestante ma'ohi.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>Deep Inside with the Holy Spirit : Surfeurs ChrÃ©tiens dans le Pacifique</title>
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                <author>noreply@ (Yann)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 08 Oct 2006 16:40:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_CS_NZ_2.jpeg&quot; alt=&quot;medium_CS_NZ_2.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Au dÃ©but des annÃ©es 1980, dans le sillage des diffÃ©rents mouvements de Â«sportifs chrÃ©tiensÂ» qui voient alors le jour en terrain protestant Ã©vangÃ©lique nord-amÃ©ricain, de jeunes surfeurs australiens crÃ©ent la premiÃ¨re association de Surfeurs ChrÃ©tiens, destinÃ©e Ã  Ã©vangÃ©liser les milieux du surf, a priori bien Ã©loignÃ©s des valeurs de modÃ©ration et de la mise en ordre des vies personnelles prÃ´nÃ©es par le protestantisme Ã©vangÃ©lique. Mais les jeunes Ã©vangÃ©liques, surtout ceux qui sont Â«nÃ©s dans lâ€™Ã©gliseÂ», ont aussi envie de se distinguer du rigorisme parental et de la sociÃ©tÃ© environnante trop Â«tiÃ¨desÂ» en affirmant une identitÃ© chrÃ©tienne, radicale, moderne et sportive. Câ€™est portÃ© par cet effet de gÃ©nÃ©ration, puis par lâ€™effet dâ€™imitation liÃ© Ã  la mÃ©diatisation de plusieurs champions internationaux Â«chrÃ©tiensÂ», que le mouvement, devenu &lt;b&gt;Christian Surfers International&lt;/b&gt; (&lt;b&gt;CSI&lt;/b&gt;) sâ€™est implantÃ© dÃ¨s 1985 en Nouvelle-ZÃ©lande, puis aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et en Grande-Bretagne (au cours des annÃ©es 1990), en Europe et au Japon. En 2001, le mouvement brÃ©silien&amp;nbsp; &lt;i&gt;surfitas de Christo&lt;/i&gt; sâ€™est affiliÃ© Ã  CSI, suivi par dâ€™autres associations sud-amÃ©ricaines. Lâ€™organisation Ã©vangÃ©lique charismatique Jeunesse en Mission (Youth With a Mission, lâ€™une des plus importantes organisations missionnaires actuelles) a elle aussi fondÃ© un Â«ministÃ¨reÂ» axÃ© sur le surf, &lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;i&gt;Surfers for&amp;nbsp; Missions International&lt;/i&gt;&lt;/font&gt; (SFMI), qui collabore avec CSI au sein du rÃ©seau mondial &lt;i&gt;Surf Ministries International&lt;/i&gt; fondÃ© en 1993.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_logo_CS_NZ.2.jpeg&quot; alt=&quot;medium_logo_CS_NZ.2.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Selon &lt;a href=&quot;http://www.christiansurfers.net&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;son site Internet&lt;/a&gt;, CSI compte aujourdâ€™hui des missions dans quinze pays et plus de 400 Â«ouvriers volontairesÂ». Le mouvement vise surtout Ã  exercer, par le biais de surfeurs professionnels mÃ©diatiques, une influence sur leur jeune public, en recourant Ã  trois principales techniques :&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; - Lâ€™organisation de compÃ©titions internationales, sur le modÃ¨le de la Jesus Pro Am fondÃ©e en 1984 en Australie.&lt;br /&gt; - La formation des champions de surf Â« chrÃ©tiens Â» aux mÃ©thodes de communication-Ã©vangÃ©lisation, afin dâ€™utiliser efficacement la couverture mÃ©diatique dont ils bÃ©nÃ©ficient.&lt;br /&gt; - La diffusion dâ€™un ensemble de produits tels que tee-shirts, films, musiques, publications.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_CS_Bible.jpeg&quot; alt=&quot;medium_CS_Bible.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; height=&quot;136&quot; width=&quot;119&quot; /&gt; En outre, CSI a dÃ©veloppÃ© une sÃ©rie dâ€™activitÃ©s destinÃ©es plus spÃ©cifiquement aux Ã©glises locales, selon une logique dâ€™agence de moyens que lâ€™on retrouve dÃ©sormais de plus en plus en milieu protestant Ã©vangÃ©lique : ministÃ¨res pour la famille, les jeunes, les mÃ©dias, sÃ©minaires de formation, etc. Cette dynamique qui fonctionne en rÃ©seaux internationaux ouvre Ã  chaque Ã©glise des possibilitÃ©s bien plus larges que ce quâ€™elle aurait pu mettre en Å“uvre dans le seul cadre de la congrÃ©gation locale.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Elle tÃ©moigne enfin du fait que, pour les Ã©vangÃ©liques, lâ€™engagement ne sâ€™arrÃªte pas aux portes de lâ€™Ã©glise, loin sâ€™en faut : tous les domaines de la vie sociale, Ã©conomique, culturelle ou politique sont des terrains de mission car selon la formule utilisÃ©e par Loren Cunningham, fondateur de Jeunesse en Mission, Â«la course se joue Ã  lâ€™extÃ©rieur, dans le monde lui-mÃªmeÂ».&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#336600&quot;&gt;&lt;i&gt;Surfeurs ChrÃ©tiens Ã  Tahiti&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En PolynÃ©sie franÃ§aise, le surf compte beaucoup de pratiquants amateurs et prÃ¨s de 300 licenciÃ©s. Câ€™est un ancien Ã©quipier de Jeunesse en Mission, lui-mÃªme surfeur et &lt;i&gt;shaper&lt;/i&gt; (affÃ»teur de planches) rÃ©putÃ©, qui est Ã  lâ€™origine de l'association &lt;a href=&quot;http://www.csurferstahiti.pf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Surfeurs ChrÃ©tiens Tahiti&lt;/a&gt; officiellement crÃ©Ã©e en 1998. Lâ€™annÃ©e prÃ©cÃ©dente, une campagne dâ€™Ã©vangÃ©lisation menÃ©e Ã  Tahiti par une Ã©quipe de SFMI, des Ã©quipiers locaux de Jeunesse en Mission et les AssemblÃ©es de Dieu de PolynÃ©sie franÃ§aise avait donnÃ© de premiers rÃ©sultats encourageants. En 2001, lâ€™association comptait 29 adhÃ©rents, dont 11 compÃ©titeurs, un nombre modeste au regard du rÃ´le au sein du surf polynÃ©sien et de lâ€™impact mÃ©diatique que lui assure depuis 1999 la &lt;b&gt;Sapinus Longboard Classique&lt;/b&gt;, une rencontre de niveau international qui a lieu chaque annÃ©e sur la cÃ´te ouest de Tahiti. Le reste de lâ€™annÃ©e, les activitÃ©s de Surfeurs ChrÃ©tiens Tahiti consistent, comme lâ€™indiquent ses statuts, Ã  organiser rÃ©guliÃ¨rement Â«des animations de jeunesse avec projection de film de surf et concert de musique chrÃ©tienne sans alcoolÂ».&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#993300&quot;&gt;Deep Inside&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; : Ãªtre loin dans le tube formÃ© par une grande vague (&lt;a href=&quot;http://skisurf.free.fr/vf/surf/lexique/&quot;&gt;lexique du surf&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://yannickfer.hautetfort.com/archive/2006/09/26/implantation-pentecotiste-a-wallis-et-futuna-migrations-et-m.html</guid>
                <title>Implantation pentecÃ´tiste Ã  Wallis et Futuna : migrations et missions en cascade</title>
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                <author>noreply@ (Yann)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 26 Sep 2006 17:45:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le dernier numÃ©ro (octobre 2006) de &lt;i&gt;PentecÃ´te&lt;/i&gt;, la revue mensuelle des assemblÃ©es de Dieu franÃ§aises, publie un texte de Paulo Kavakava, converti wallisien qui y raconte ses premiers pas de missionnaire sur lâ€™Ã®le de Futuna, en mars 2006. Â« Lâ€™Ã©glise â€“ prÃ©cise-t-il â€“ compte une vingtaine de personnes Â». Les Ã®les de Wallis et Futuna comptent aujourdâ€™hui, selon ses estimations, Â« environ cinquante membres actifs Â».&lt;br /&gt; Lâ€™implantation rÃ©cente des assemblÃ©es de Dieu (principale dÃ©nomination pentecÃ´tiste dans le monde) sur ces deux Ã®les polynÃ©siennes situÃ©es Ã  2100 kilomÃ¨tres au nord-est de la Nouvelle-CalÃ©donie et 3200 kilomÃ¨tres au sud-ouest de la PolynÃ©sie franÃ§aise montre de maniÃ¨re tout Ã  fait exemplaire les voies par lesquelles passe lâ€™expansion mondiale du pentecÃ´tisme.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://yannickfer.hautetfort.com/images/thumb_Futuna.jpg&quot; alt=&quot;medium_Futuna.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;La population de Wallis et Futuna est trÃ¨s majoritairement catholique et le catholicisme, hÃ©ritÃ© des missions des pÃ¨res maristes (arrivÃ©es Ã  Wallis en 1837) y est fortement associÃ© aux monarchies traditionnelles (un roi Ã  Wallis, deux Ã  Futuna) auxquelles la RÃ©publique franÃ§aise a mÃ©nagÃ© de larges marges dâ€™autonomie. On voit donc mal comment le pentecÃ´tisme pourrait sâ€™y implanter et dÃ©fier les autoritÃ©s familiales, coutumiÃ¨res, avec son message qui incite chaque individu Ã  construire sa vie et Ã  Â« gagner son salut Â» en se libÃ©rant des appartenances hÃ©ritÃ©es et des obligations communautaires.&lt;br /&gt; Mais câ€™est oublier le rÃ´le essentiel que jouent, en particulier dans le Pacifique, les flux migratoires dans le dÃ©veloppement des nouveaux mouvements Ã©vangÃ©liques et pentecÃ´tistes. Wallis et Futuna connaissent en effet une situation similaire Ã  celles de plusieurs petits pays du Pacifique anglophone, comme les Ã®les Cook, Tuvalu ou Niue : &lt;b&gt;un renversement dÃ©mographique au profit des Ã©migrÃ©s&lt;/b&gt;, plus nombreux que la population restÃ©e sur les Ã®les dâ€™origine. Depuis 1961, on estime que 17563 Wallisiens et Futuniens ont migrÃ© vers la Nouvelle-CalÃ©donie, principalement dans la rÃ©gion de NoumÃ©a, tandis quâ€™en 2003, on comptait 10088 habitants Ã  Wallis et 4879 Ã  Futuna.&lt;br /&gt; Câ€™est au sein de cette population Ã©migrÃ©e, moins directement soumise aux autoritÃ©s communautaires de Wallis et Futuna, que les premiÃ¨res conversions au pentecÃ´tisme ont eu lieu. A partir de lÃ , deux dynamiques classiques de lâ€™expansion pentecÃ´tiste ont jouÃ© en faveur dâ€™une implantation Ã  Wallis et Futuna.&lt;br /&gt; - &lt;font color=&quot;#000099&quot;&gt;La premiÃ¨re, câ€™est le rÃ´le jouÃ© par lâ€™Ã©vangÃ©lisation interpersonnelle&lt;/font&gt;. Etre pentecÃ´tiste, câ€™est Ãªtre missionnaire et les nouveaux fidÃ¨les sâ€™efforcent donc trÃ¨s rapidement dâ€™agir personnellement au sein de ce quâ€™un manuel pentecÃ´tiste de Â« formation Ã  la vie chrÃ©tienne Â» appelle leur Â« sphÃ¨re dâ€™influence Â» : amis, collÃ¨gues de travail, famille. DÃ¨s lors, les relations maintenues entre lâ€™Ã®le dâ€™origine et les Ã©migrÃ©s deviennent le vecteur dâ€™une action missionnaire Â« douce Â», peu visible, qui prend par exemple la forme de discussions, de rÃ©unions de priÃ¨re dans les maisons et prÃ©pare la seconde Ã©tape, plus institutionnelle et plus visible : lâ€™organisation, sous la direction de pasteurs Ã©vangÃ©listes professionnels appuyÃ©s par un groupe de fidÃ¨les de rÃ©unions publiques dâ€™Ã©vangÃ©lisation.&lt;br /&gt; - &lt;font color=&quot;#000099&quot;&gt;La seconde dynamique, câ€™est celle des missions en cascade&lt;/font&gt;, que lâ€™on retrouve dans tous les pays oÃ¹ le pentecÃ´tisme se dÃ©veloppe. Câ€™est-Ã -dire que les nouvelles Ã©glises â€“ et leurs nouveaux convertis enthousiastes â€“ se tournent trÃ¨s vite vers de nouveaux terrains de mission, avant mÃªme bien souvent dâ€™Ãªtre elles-mÃªmes tout Ã  fait stabilisÃ©es. Ce principe permet, comme lâ€™a notÃ© Bernard Boutter dans son Ã©tude des assemblÃ©es de Dieu de la RÃ©union, de faire passer les fidÃ¨les Â« de la situation passive dâ€™Ã©vangÃ©lisÃ©s, Ã  celle, active, de missionnaires Â». Car les Ã©glises pentecÃ´tistes, Ã©glises militantes tournÃ©es vers lâ€™Ã©vangÃ©lisation, sont avant tout des Ã©glises du mouvement, oÃ¹ il faut continuellement Â« aller de lâ€™avant Â», dans sa vie personnelle comme dans lâ€™engagement collectif. Et elles trouvent dans cette espÃ¨ce de fuite en avant un moyen de maintenir lâ€™enthousiasme et la mobilisation de leurs fidÃ¨les. Cet enthousiasme est dâ€™autant plus fort quâ€™il sâ€™agit pour des Ã©migrÃ©s de lancer la mission dans leur Ã®le dâ€