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  • Les protestants évangéliques et pentecôtistes en Nouvelle-Calédonie : un champ de recherches encore inexploré

    Très peu de publications, en sciences sociales, ont jusqu’à présent décrit et analysé la diversification contemporaine du protestantisme en Nouvelle-Calédonie et la progression dans ce pays des courants protestants évangéliques, charismatiques et pentecôtistes. Pourtant, bon nombre d’anthropologues ont inévitablement noté, au cours de terrains consacrés à des aspects plus « traditionnels » ou plus politiques de la société kanak, la conversion de tel informateur à une église récemment apparue dans le village, l’ouverture d’une assemblée de Dieu, des discussions sur le baptême du Saint-Esprit ou le parler en langues…
    medium_logo_addnc.jpgDans leur recensement de fin 1999, les assemblées de Dieu (actuellement la plus importante dénomination pentecôtiste dans le monde) recensaient 3500 membres (adultes baptisés) et 56 lieux de culte en Nouvelle-Calédonie, un repère qu’il faudrait pouvoir compléter par des estimations concernant les nombreuses autres dénominations aujourd’hui présentes. Youth  With a Mission, organisation missionnaire de tendance pentecôtiste qui a joué en plusieurs endroits du Pacifique un rôle important dans la diffusion du protestantisme charismatique, est elle aussi bien implantée en Nouvelle-Calédonie avec un centre permanent à Nouméa et des relations nouées surtout avec l’église libre, une dissidence évangélique issue de l’église protestante historique.
    Le pasteur Paul Cazalda consacre un chapitre à la Nouvelle-Calédonie dans son livre sur les missions des assemblées de Dieu françaises, Racontez ses merveilles, 40 ans de mission (1997, éditions Viens et Vois). On y apprend que le pentecôtisme s’est implanté en 1955 sous l’impulsion de Paul Augustin Rousseau, né en 1898 sur l’île de Mare et converti au pentecôtisme avant la seconde guerre mondiale, dans le Nord de la France où il fut ensuite pasteur, au sein des assemblées de Dieu de Lens et de Liévin. Revenu à Nouméa en 1955, il est épaulé par plusieurs missionnaires français, qui ouvrent en 1968 la première assemblée (baptisée « Viens et Vois ») dans le quartier Blanchot de Nouméa. Des missionnaires américains s’installent également dans les années 1960. Les assemblées néo-calédoniennes, qui se sont depuis développées en milieu kanak, ont gardé de leurs origines un rigorisme plus grand que celles de Polynésie française par exemple, en adoptant notamment le port du foulard pour les femmes pendant la sainte cène – une pratique longtemps distinctive des assemblées de Dieu du Nord de la France.
    Ces assemblées néo-calédoniennes ont joué un rôle important dans l’expansion du pentecôtisme en Océanie via les communautés immigrées venues travailler le plus souvent dans les mines de nickel :
    - Des familles polynésiennes s’y sont converties, que l’on retrouve ensuite parmi les fidèles des missionnaires américains à Tahiti à l’origine de l’église de la Bonne Nouvelle (Faa’a).
    - Ce sont aussi des immigrés ni-vanuatu qui ont contribué, après avoir été convertis par le pasteur canadien Killingbeck (qui les rejoindra ensuite au Vanuatu, alors Nouvelles-Hébrides), à l’implantation du pentecôtisme dans leurs îles d’origine, en initiant à leur retour des réunions de prière.
    - Enfin, un processus similaire a abouti, en 1999, au développement du pentecôtisme sur l’île de Wallis. Le roi de Wallis, hospitalisé à Nouméa, ayant à cette occasion reçu la visite d’un pasteur pentecôtiste recommandé par un membre de sa famille converti, a en effet autorisé l’ouverture d’une assemblée de Dieu. Celle-ci rassemblait en 2002, selon Filihau Asi Talatini (auteur d’un article dans le magazine Tahiti Pacifique), une trentaine de membres et sympathisants, sous la direction d’un couple kanak.
     
    (Ci-dessus : le logo des ADD de Nouvelle-Calédonie)